Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

Le merle noir

Le merle noir

 

 

Qui n'a pas pesté contre cet oiseau de malheur après avoir constaté que ses meilleurs fraises ont été mangées et ses plate-bandes fouillées et grattées recouvrant les allées balayées la veille ?

 

Et pourtant !

 

Le merle noir, bel oiseau de nos villes et campagnes plutôt culotté

 

Très fréquent dans nos jardins, que ce soit en ville ou en campagne le merle noir nous enchante de son chant mélodieux. Loin d’être nuisible, ce beau passereau reconnaissable à son plumage sombre et à son bec jaune (tout du moins pour le mâle), est un allié des jardiniers. Car même s’il se délecte des fruits d’été, il débarrasse verger, jardin d’agrément et jardin potager de nombreux mollusques et insectes classés parmi les nuisibles.

 

Merle noir : principales caractéristiques

 

Le merle noir (Turdus merula) est un passereau qui appartient à la famille des Turdidae, dont il existe plusieurs sous-espèces. En Europe, c’est l’espèce holotype (type original) que l’on trouve, c’est-à-dire dire qui a servi à l’identification de l’espèce.

En dehors de l’Europe, on trouve le merle dans d’autres régions du monde, en Afrique du Nord, en Asie. Il a même été introduit en Nouvelle Zélande et en Australie. Selon la zone géographique dans laquelle il vit, le merle noir peut être migrateur ou bien sédentaire. Chez nous en France, il est sédentaire puisqu’il ne quitte pas notre pays au cours de l’hiver. Il peut tout au plus se rapprocher d’une zone d’hivernage pour fuir un climat plus rude le temps de la morte saison.

 

Le merle noir se nourrit d’insectes, d’escargots et de limaces, de chenilles, de vers et de larves en tout genre. Il est très friand de baies, de fruits d’été comme les cerises et les fraises. Pour chercher de la nourriture au sol, il n’hésite pas à écarter sur le côté les feuilles et débris végétaux avec ses griffes. Il est si tenace qu’il peut passer des heures à fouiller.

 

Pour attraper un ver de terre, le merle sautille sur la pelouse, s'arrête, incline la tête et retire l'animal de sa galerie avec le bec. On ignore si l'oiseau penche la tête pour écouter ou pour voir le ver, mais la seconde hypothèse paraît être la bonne. Le merle prend parfois des têtards et des poissons dans les pièces d'eau, et il dérobe la nourriture d'autres oiseaux, telle la grive musicienne (des escargots en l'occurrence).

 

Son mode de déplacement est très particulier puisqu’il sautille sur ses deux pattes en même temps. C’est un autre signe distinctif qui permet de l’identifier facilement.

L’espérance de vie d’un merle noir est d’environ 16 ans.

 

Merle : dimorphisme sexuel

 

Le mâle adulte possède des pattes d’un brun sombre, un plumage noir geai sur l’ensemble du corps, du cou et de la tête. Ses yeux sont bordés d’un anneau oculaire qui peut être jaune-orangé ou jaune vif. Quant à son bec, il tranche sur la livrée noire puisqu’il est jaune-orangé bien brillant. La vivacité des couleurs de l’anneau oculaire, du bec et du plumage pourrait donner une indication sur la qualité du territoire où vit ce passereau, mais aussi sur ses qualités de reproducteur et plus généralement sur sa condition physique.

 

La femelle ou merlette adulte possède des plumes de couleur brun-roux plus ou moins noirâtre selon les individus sur la totalité du corps, à l’exception de sa gorge qui, elle, est pommelée, et de son poitrail brun clair. Elle possède un cercle oculaire brun très pâle. Quant à son bec, il est moins brillant que celui du mâle, généralement marron et parfois agrémenté d’une petite zone jaunâtre.

 

 

Merlette

 

On peut constater des anomalies en termes de couleur de plumage chez les merles. Bien que cela soit peu courant, c’est tout de même plus fréquent que chez bien d’autres espèces d’oiseaux. On peut trouver des merles blancs, totalement ou partiellement décolorés. Il peut s’agir d’albinisme mais il existe bien d’autres causes à cette déficience pigmentaire (telles que leucisme, schizochromie ou schizochroïsme, canitie (blanchissement des cheveux). Mais ces anomalies de la pigmentation sont parfois dues à des carences en vitamines par exemple ou tout simplement au vieillissement.

 

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Merle blanc

 

Merle noir : reproduction

 

Dès la fin du mois de février, le merle fait résonner son chant mélodieux dans le but de séduire une merlette, puis mâle et femelle s’accouplent dès le début du printemps. La belle construit seule le nid avec des brindilles, des plumes, des débris végétaux et tout ce qu’elle peut trouver. Elle installe ce nid dans un buisson, dans un arbre bien touffu ou bien au cœur d’une haie ou d’un haut rosier parfois dans du lierre. Elle réutilise parfois d'anciens nids.

 

La merlette pond entre 3 et 5 œufs à chaque couvée. Elle peut avoir jusqu’à trois couvées par an. Après une quinzaine de jours de couvaison, l’éclosion a lieu. Chaque merleau est nourri avec soin par son père et sa mère qui se relaient auprès de leurs petits pendant environ 5 semaines. En effet, les merleaux commencent à voler à l’âge de 15 jours, mais ils restent encore au nid pendant une vingtaine de jours durant lesquels ils continuent à être nourris par leurs parents. Ensuite seulement, ils quittent définitivement le nid familial.

 

Sur le plan physique, les juvéniles possèdent un plumage plus ou moins foncé, souvent moucheté, plus proche de celui de la mère, et leur anneau oculaire est peu apparent. Les tonalités des plumes sont extrêmement variables d’un merleau à l’autre et c’est entre août et octobre qu’a lieu la première mue au cours de laquelle chaque oisillon perd son plumage juvénile. Les plus sombres sont généralement des mâles. Leur bec ne prend sa couleur jaune définitive que lorsque le passereau atteint l’âge de 1 an et il en est de même pour la couleur bien noire du plumage. Il est donc assez facile de distinguer les merles juvéniles des merles adultes.

 

Chant :

 

Avec son chant mélodieux et rempli de fantaisie, le merle noir est certainement l'un des plus grands chanteurs parmi les oiseaux de jardin. Le merle chante juché sur un arbre élevé et c'est le premier à retentir au lever du jour, dès le mois de février chez les jeunes mâles essayant d'acquérir un territoire. Ce chant est très riche et mélodieux, incluant des pauses fréquentes entre les différentes phrases. À l'opposé de la grive, le merle répète rarement sa phrase dans son chant. Le merle imite fréquemment les sifflements humains. Le chant devient moins fréquent après la ponte. En automne, il arrive que le merle chante en sourdine. Les cris, très variés selon l'humeur, vont des pik pik pik aigus, marquant l'excitation, aux poc poc d'inquiétude, sourds et peu sonores.

Chant du merle noir (on entend aussi un coucou derrière)

 

Merle noir : l’ami des jardins

 

Certains animaux pâtissent d’une mauvaise réputation qui leur colle à la peau. Dans le cas du merle, on peut dire qu’elle lui colle aux plumes depuis des décennies. De nombreux jardiniers n’aiment pas du tout cet oiseau parce qu’il est très friand de fruits. Ils craignent donc pour leurs récoltes notamment de raisin, de cerises et de nombreux fruits d’été.

On pourrait toutefois se montrer un peu partageur en acceptant que le merle vienne grapiller quelques fruits pour le remercier des services qu’il rend au jardin. En effet, le merle consomme beaucoup d’escargots et de limaces, de chenilles et de nombreux insectes qu’il finit par réguler. En accueillant les merles dans le verger, le potager et le jardin d’agrément, on peut limiter le recours aux produits phytosanitaires de type anti-limaces. Quelques merles suffisent pour assainir son jardin et sauver ses plantations en tout genre contre les assauts des indésirables. Il nous aide donc à jardiner écolo. Cela vaut bien quelques poignées de cerises chaque année !

 

Pour lutter contre les merles quand on ne peut plus les supporter :

Suspendre des petits pots bleus (le bleu effraie les oiseaux). On peut aussi accrocher ici et là, des CD,  des bouteilles en plastique vides, trouées à plusieurs endroits dans lesquelles on a posé des boules de naphtaline. L’odeur de l’antimite repousserait les merles.


Mais l’arme essentielle reste les filets installés, avec ou sans arceaux, au-dessus des cultures. « Ce qui est ennuyeux, c’est qu’il faut les enlever tous les deux jours lorsqu’on veut ramasser les fruits, mais il faut bien les effrayer ces merles ! » et profiter de ses récoltes....

 

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Filet à oiseaux

ALT 6-2021

Rédacteur Jean-Pierre Bouchet

Sources internet

 



26/06/2021
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