Autrefois la Tranche

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Traditions


Saint Nicolas et le Père Noël

 

La crèche de Noël 2017 de l’église Saint Nicolas  (Photos C.Rousseau)

 

Pour beaucoup d’entre nous, Noël est l’une des plus belles périodes de l’année. Celle où les gens en profitent pour se rassembler en famille, donner des cadeaux, décorer sa maison, écouter des chants ou des musiques de Noël et faire de bons repas tous ensemble.

Autrefois à La Tranche, la messe de minuit était un évènement très important. Accompagnés des cloches qui sonnaient à toute volée, on se rendait à l’église. Qui ne se souvient pas de l'extraordinaire « Minuit chrétien » entonné depuis le balcon, sous le clocher à l’emplacement actuel de l’orgue, par le gendarme M. Parfait Gentilhomme de sa voix de stentor ? puis relayé par Pierre Girard le photographe. Puis, à la fin de la messe, les gens se pressaient de rentrer chez eux pour  le repas du réveillon qui se terminait tard dans la nuit.

À leur réveil, les enfants se précipitaient devant la cheminée où ils avaient déposé leurs chaussures la veille pour y découvrir les cadeaux que le Père Noël était censé avoir déposés.

 

La fête des écoles, précédant Noël, annonçait le début des vacances. Après le spectacle donné par les enfants dans la salle des Fêtes, la distribution des cadeaux de la municipalité par le Père Noël devant le sapin (quelque jouet et une orange,  bien souvent la première pour beaucoup d’entre nous) était un moment très attendu.

 

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Mais quelle est l’origine véritable du Père Noël, du gui, des guirlandes et de la coutume d’échanger des cadeaux ?

 

La fête de Noël est non seulement l’une des fêtes les plus importantes du calendrier chrétien mais aussi l’une des fêtes familiales des plus populaires. Ses origines très lointaines remontent bien avant la naissance du Christ où la période du 25 décembre s’accompagnait déjà de festivités célébrant le solstice d’hiver (le 21 décembre) et par là le retour du soleil.

En Europe, Noël est une fête qui dépasse très souvent les cultures et les religions et peut être considérée comme une fête de la famille et de la générosité. On peut fêter Noël sans que l’on soit chrétien comme au Japon, en Asie. En Afrique, on célèbre surtout la naissance de Jésus.

 

 

 

Le petit Jésus est-il vraiment né le 25 décembre ?

 

Dans la tradition chrétienne, la fête de Noël célèbre chaque année la Nativité, c'est-à-dire la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem. Elle est avec Pâques l’une des plus grandes fêtes chrétiennes.

Mais on ne sait pas vraiment à quelle date il est né exactement ! En 354, bien après son avènement, le Pape Libérius a fixé arbitrairement sa date de naissance au 25 décembre, ce qui n’est pas un hasard car le Christ symbolisait aussi le renouveau. Ainsi, l’Église avait bon espoir que cet anniversaire remplace toutes les anciennes fêtes païennes. Ce qui a parfaitement fonctionné, car les Saints qui sont fêtés à cette période de l’année comme Saint Nicolas, Sainte Barbe ou Sainte Catherine ont récupéré les attributs des divinités anciennes. Saint Nicolas est censé protéger les marins durant  les tempêtes … tout comme Odin.

 

Saint Nicolas collègue ou concurrent du Père Noël ?

 

Ce serait plutôt un ancêtre du Père Noël comme on le voit encore exercer dans le Nord de la France, en Alsace et dans certaines régions en Europe où il est fêté le 6 décembre.

Saint Nicolas ou Nicolas de Myra a vécu au IVe siècle en Turquie. Après sa mort il devient le protecteur des marins. Ce sont les Vikings qui ont introduit son culte en Europe Occidentale. À partir de l’an mille il est célébré dans toute l’Europe et à partir du XIIe siècle il devient également le protecteur des enfants et commence à distribuer des récompenses.

Il est inséparable du Père Fouettard. Le Père Fouettard  (*)  (est un personnage du folklore de la Saint-Nicolas. C'est un personnage sinistre, entièrement vêtu d’un long manteau noir, le visage grimé car il est ramoneur,  qui accompagne Saint-Nicolas lors de sa sortie, le 6 décembre ou la veille au soir. Alors que saint Nicolas distribue des cadeaux aux enfants sages, le père Fouettard dispense des coups de martinet aux vilains garnements. Dans certaines régions françaises et belges, les coups de martinet sont remplacés par une livraison de charbon ou de betteraves à sucre.

 

 

 

 

 

        Saint Nicolas et le Père Fouettard (S’il est noir c’est parce qu’il est ramoneur)             

 

 

Père Noël

 

 

Mais si le Père Noël et le Petit Jésus n’étaient pas accompagnés d’un donneur de correction, les enfants étaient bien prévenus que pour que ces derniers soient généreux dans les cadeaux ; les enfants devaient être obéissants, ne pas faire de bêtise et bien travailler à l’école.

 

(*) Autres noms du Père Fouettard : Père La Pouque en Normandie, Hans Trapp en Alsace, Rubelz et Ruppknecht en Lorraine germanophone, Hanscrouf à Liège, Hans Muff dans la région germanophone de Belgique, Houseker au Luxembourg)

 

Au fil du temps, d’autres personnages vont faire aussi leur apparition autour de la fête de Noël : le petit bonhomme Janvier, Christkindel (pays germanophones) ou encore le Père Chalande. Ce dernier est la version savoyarde  et du sud-est de la France du Père Noël. Il passait par la cheminée et déposait des cadeaux pour les enfants, portait une grande barbe blanche et un chapeau pointu.  

 

Quand le Père Noël est-il apparu ?

 

À l’époque où on découvre l’Amérique, beaucoup d’Européens vont immigrer vers le Nouveau Monde emportant dans leurs valises leurs icones et leurs légendes. En 1822, un poème mentionne la générosité d’un certain Santa Claus. Depuis cette date, ce personnage n’a jamais cessé d’étendre son activité en Amérique du Nord et dans les pays anglo-saxons, puis après les deux guerres mondiales en Europe.

L’image du Père Noël a changé depuis ses premières apparitions, tantôt en vert, tantôt en rouge  parfois grand ou petit. Un dessinateur américain à la fin du XIXe siècle Thomas Nast en fait un portrait assez proche de celui que l’on connait aujourd’hui.

Rapidement aux États-Unis et en Europe, le Père Noël a investi le champ publicitaire. Dans les années 1930, la marque Coca-Cola en fait le héros d’une immense campagne de pub ainsi vêtu de rouge. Il marqua les esprits et ne put plus jamais s’habiller autrement.

 

Si Saint Nicolas avait un âne, depuis 1821, le Père Noël a 8 rennes pour tirer son traîneau.

Il y a quatre mâles et quatre femelles (en italique et entre parenthèses, les noms de la version originale en anglais) :

Tornade (Dasher) : le plus rapide (mâle) ; il galope

Danseuse (Dancer) : la plus gracieuse (femelle) ;

Furie (Prancer) : le plus puissant (mâle) ; il se pavane

Fringant (Vixen) : belle et puissante (femelle) ;

Comète (Comet) : il apporte le bonheur aux enfants (mâle) ;

Cupidon (Cupid) : elle amène l'amour aux enfants (femelle) ;

Tonnerre (Donner, parfois écrit Dunder ou Donder) : le plus fort (mâle)

Éclair (Blitzen, parfois écrit Blixem ou Blixen) : elle apporte la lumière (femelle).

 

Rudolphe le renne au nez rouge apparaît en 1939. Selon le mythe, grâce à son nez rouge lumineux, il guide le père Noël et lui permet d'effectuer sa tournée malgré la neige et le brouillard...

 

On croit que le Père Noël vient de nulle part, mais pour les finlandais, pas de doute : le Père Noël habite bien leur pays.

En Laponie, sur le cercle polaire, on peut même visiter son village : Savukosi.

 

 

 

Ce n’est pas un hasard si on fête Noël le 25 décembre:

 

Dans l’hémisphère Nord, il y a toujours eu des fêtes à cette période de l’année, bien avant que le Père Noël ne se spécialise dans la fabrication et la distribution de cadeaux pour les enfants.

Depuis la nuit des temps, des rites et des sacrifices ont célébré les passages aux solstices d’été et d’hiver. Bien avant l’instauration des fêtes de Noël et avant l’époque romaine, on fêtait déjà en Europe les jours qui rallongent, le retour du soleil et la renaissance tant attendue de la nature. Les hommes festoyaient en utilisant des symboles qui perdurent aujourd’hui : des bougies et des bûches pour symboliser le retour de la lumière, des plantes vertes pour célébrer le réveil prochain de la nature.

Durant l’Antiquité, les hommes célébraient leurs divinités à chaque solstice d’hiver. Ainsi les Celtes remerciant Herne, un dieu cornu associé à la chasse et à la fécondité.

Les Romains fêtaient les Saturnales, les réjouissances en l’honneur de Saturne, dieu des semailles et symbole du renouveau. Lors de ces fêtes, il y avait un rite d’échange de cadeaux appelé strenae, mot qui donnera les étrennes. Enfin, parmi les ancêtres du Père Noël, il y a Odin, un dieu Viking qui apportait parfois des cadeaux aux hommes et bénissait leurs récoltes.

 

La légende de Saint Nicolas, patron de notre paroisse:

 

L’histoire du Père Fouettard tirerait son origine d’un conte assez effrayant. Celui-ci raconte l’histoire de trois enfants qui se seraient perdus et qui demandèrent à un boucher s’ils pouvaient coucher chez lui pour la nuit. Le boucher accepta, en ayant toutefois une idée derrière la tête. En effet, pendant leur sommeil, le boucher tua les trois enfants et rangea les corps dans un saloir. Saint-Nicolas qui passa par-là, devina très vite ce que le boucher venait de faire, c’est alors que Saint-Nicolas, ressuscita les trois enfants de la mort et le boucher s’enfuit très loin.

 Cependant, la tradition orale modifia peu à peu la fin de l’histoire. Le conte raconte dès lors que Saint-Nicolas aurait obligé le boucher à l’accompagner dans sa distribution des cadeaux durant toute la nuit de Noël. Saint-Nicolas lui aurait donc assigné la tâche de menacer les enfants qui n’avaient pas été sages durant l’année.

 

 (On peut voir dans le chœur de l’église, en bas du vitrail de Saint Nicolas, les trois enfants qu’il a sauvés)

 

Photo C. Rousseau

 

Minuit chrétien


02/12/2018
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