Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

Notre histoire


Les floralies tranchaises 1

Le Parc des Floralies ou " la petite Hollande en Vendée"

 

Au début des années 60, alors que la production des tulipes prend  de plus en plus d'ampleur, et que les champs de tulipes s'étendent sur  de nombreux hectares dans la commune, quelques commerçants de La Tranche, dont Messieurs Henri et Robert Guicheteau, Raymond Blanco et Louis Touvron, stimulés et accompagnés par Monsieur Matthijsse, vont à plusieurs reprises visiter le célèbre parc de KEUKEUNHOF, en Hollande avec le maire de la commune M. Guinet. Ils reviennent enthousiasmés par ces visites successives. Ils réalisent l'intérêt que représenterait pour notre petit pays vendéen la création de " telles floralies" dans un site approprié.

 

 

 

   

Une Association de  bénévoles s'organise, elle met en route les démarches nécessaires afin d’obtenir de l'Administration des Domaines, la concession d'une partie de la zone forestière. Après d’âpres tractations, celle-ci est finalement échangée contre d'autres terrains boisés situés dans le bocage vendéen; cette opération a été réalisée grâce à l'appui des autorités communales et régionales.

 

L'association du Parc des Floralies, composée de commerçants et d'artisans durera de 1962 à 1996.

 

Le Parc se situera là, où les dunes de sable forment une suite d'ondulations, de clairières et de trous d'ombre.

Il s'étend sur 7 hectares parmi les pins et les chênes verts.

 

Le sous-bois est aménagé peu à peu pour les commodités de la floraison et pour la circulation des visiteurs. Des tonnes de tourbe sont importées d'Allemagne, pour améliorer la qualité du sol sableux; des chemins sinueux sont tracés autour des massifs et des parterres; des balustrades constituées de troncs de bouleau blanc sont installées.

L'irrigation est soignée avec tout un va et vient de jeux hydrauliques, là des petits ponts, là un moulin...et des fleurs à perte de vue, tapissant les pentes et les creux avec une chatoyante variété de couleurs.

 

 

Grâce au travail acharné des bénévoles, artisans et commerçants, le Parc Floral est inauguré le 11 mars 1962 

 

La reine Michèle Guieau et les dauphines Agnès Touvron et Yveline Carré accompagnent les officiels le jour de l'inauguration

 

 

       

 

M. Joannes Matthyjsse                      M. Robert Guinet maire                    M. le sous-préfet de Vendée 

Directeur du parc

et Henri Guicheteau

 

En visite officielle, l'évêque de Luçon, Monseigneur Cazeau, a admiré la beauté du parc; sur la photo, on peut reconnaître aussi Louis Bouet, le curé Fortin, le secrétaire de mairie Eugène Puaud, Henri Guicheteau, Anatole Ferré, et Louis Touvron.

 

 

 

Vues de différents massifs et aménagements

 

 

 

 

Le moulin et la cascade

Le moulin et la cascade

(Voir Suite le parc des floralies)

 

Texte de Claude Rousseau et Laurence Ferré, photos internet collections particulières

 


14/07/2019
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Le fonctionnement de la coopérative des oignons à fleurs et son déclin

Les tâches et manipulations à la Coopérative

 

Le triage des bulbes se faisait à la main, chacun chez soi, avec une calibreuse, une sorte de crible ou tamis avec des trous de dimensions différentes. Outre les diverses variétés de bulbes, le tri se faisait sur 3 calibres. Le calibre 12 de circonférence était le plus recherché. Les bulbes étaient comptés par caisse de 200.

Au début des années 70, la coopérative fit l'acquisition d'une calibreuse électrique d'occasion achetée en Hollande.

Chaque producteur pouvait l'utiliser à tour de rôle à la coopérative, ce qui permit un gain de temps considérable.

Ce même tri était appliqué à la récolte des glaïeuls pour une production de fleurs de juillet à septembre.

 

On peut imaginer qu'avec plus d'une centaine de producteurs et du nombre de variétés de tulipes (forme et couleur) et de bulbes différents, le magasinier avait fort à faire et devait embaucher à certaines périodes jusqu'à une quatre ou cinq saisonnières, principalement à la période des narcisses en février-mars, en été et en début d'automne pour préparer les nombreuses petites commandes des particuliers.

 

Un stand de vente de bulbes au détail existait à l'entrée du parc des Floralies, à la coopérative et un autre sur la place de l'église.

 

 

  

 

Calibreuses à main (le fond troué est interchangeable).    Une pile de clayettes pour le stockage des bulbes.

 

Chaque clayette est marquée du nom du récoltant.

 

 

 

Bulbes iris, tulipe, narcisse et crocus

 

 

Les bulbes devaient être traités  pour éviter les maladies, comme le fusarium banane, champignon parasitaire des tulipes ou autres champignons. Cette opération se faisait dans des grands bacs avec de l’eau et divers produits phytosanitaires comme le panosan, remplacé par le panogène.  A l'époque, ces produits dangereux étaient manipulés sans grandes précautions.

 

  

Au moment de la floraison au printemps, on coupait les fleurs à environ 10 cm de la corolle pour faire grossir les bulbes. Ces fleurs étaient alors jetées sur les talus. Toutes ces fleurs perdues ont donné à certains l'idée de les utiliser pour fleurir les chars de la fête des fleurs.

 

Toutes les tulipes, oignons compris, dont la qualité de pureté pour une variété donnée n’était pas conforme devaient être arrachées. Avant d’apporter leurs bulbes à la coopérative, chaque producteur devait  les «décortiquer », c'est-à-dire décoller la racine et  enlever les « bulbilles ou caïeux »  en prenant soin de ne pas abîmer la peau. Les bulbilles étaient utilisées comme semence.

 

Une fois stockés, certains des bulbes étaient sélectionnés pour le forçage. Ils étaient alors mis dans un incubateur entre 30° et 40°, pendant un mois, afin d’arrêter leur croissance, puis  ils étaient déposés dans les 2 chambres froides dans l'obscurité : l’une, à 5° pour les variétés précoces, l’autre à 9° pour les tardives pour simuler l'arrivée du printemps.

 

En effet, dans les premières années de la culture de la tulipe à La Tranche, les tulipes de forçage gagnaient 3 semaines d’avance sur les tulipes de Hollande.

Elles étaient particulièrement appréciées de la clientèle scandinave pour les fêtes de Noël.

Par la suite, les modalités de culture ayant été modernisées en Hollande par le chauffage des serres avec de l'eau chaude chauffée au gaz, combustible bon marché dans ce pays, la clientèle hollandaise a été perdue.

 

Outre les tulipes, la culture s'est étendue aux jacinthes, aux narcisses, aux muscaris, amaryllis, crocus, anémones, renoncules, iris ...

 

 

 

Une fois M. Roland Duvet parti(1980), M. René Bessonnet, aidé d’une secrétaire, a assumé  la commercialisation. Si M. Matthijsse a été le 1er client des bulbes de la coopérative, grâce à ses nombreuses relations d’affaires en Hollande, la coopérative expédiait aussi, soit par les Autobus Vendéens, soit par des camions, les tulipes sur les marchés nationaux.

 

 

 

Peu à peu, les activités de la coopérative ont diminué, les producteurs se faisant moins nombreux car certains ont vendu leurs terrains avec le développement touristique de la commune., 

En 1990, M. René  Bessonnet a pris sa retraite, la Coopérative a cessé ses activités et la commune a racheté le bâtiment, occupé depuis par les associations tranchaises.

 

  

Articles de journaux 1992

 

 

 

 

Suite à une mésentente avec les producteurs, M. Matthijsse a quitté La Tranche pour Saint Cyr en Talmondais pour fonder le parc floral de la Court d'Aron vers 1976 et dont il est devenu gérant en 1994.

Né le 9 mars 1926 à Zwolle en Hollande, il est décédé le 15/11/2012 à St Cyr en Talmondais . Il a été incinéré le 17/11 et ses cendres transfées aux ïles du Cap Vert selon ses volontés. Il y passait une partie de ses hivers suite à des problèmes de santé et où il s'est impliqué bénévolement dans la vie locale.

 

Texte Claude Rousseau et Laurence Ferré , rédacteur JP Bouchet

 


07/07/2019
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La culture de la tulipe à La Tranche (vente et commercialisation)

La vente et la commercialisation

 

La précocité de la récolte des bulbes est de 5 à 6 semaines d’avance sur les productions étrangères.

 

L’écoulement des bulbes s’opère facilement en direction de Paris ou de la Côte d’Azur, de l’Allemagne, de l’Angleterre, pour environ 80% de la production.

 

Quant à la Hollande, elle se réserve l’achat d’oignons à fleurs spécialement cultivés pour elle avec les plus gros bulbes.

 

Par ailleurs 15% des bulbes sont vendus directement au détail à de nombreux visiteurs, soit à la coopérative, soit au stand ouvert spécialement sur la place de l’Eglise.

 

Des dépliants-catalogues sont mis à la disposition du public.

 

 

  

Si pendant une vingtaine d’années la coopérative de la Tranche a fonctionné en autonomie, à partir de 1976, il est apparu nécessaire de créer une structure commerciale plus importante pour répondre aux besoins de la clientèle.

 

Le gros de la vente se fait alors par l’intermédiaire de la Société d’Intérêt Collectif Agricole (S.I.C.A) aux professionnels et aux grainiers.

 

La coopérative a exposé, de 1968 à 1974, dans de nombreux salons, lors d’expositions agricoles, à La Roche sur Yon, à La Rochelle et à Paris.

 

 

 

 

 

 Salon de Paris 1974

 

La vente sur place 

 

Au début du printemps, et pendant de nombreuses années (jusqu’à environ 1990), les  promeneurs du dimanche arrêtaient leurs voitures le long  des routes bordées de champs de tulipes, même sous la pluie, pour acheter des bouquets directement aux producteurs, ce spectacle était bien réjouissant !

 

 

 

La cueillette des tulipes.

 

 

Deux enfants attendent sur le bord de la route d'éventuels clients.

 

 

(à suivre : le fonctionnement de la coopérative)

 

Texte Claude Rousseau et Laurence Ferré ,  photos de Claude Rousseau

 

                                                      

 


01/07/2019
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L'apparition de la culture de la tulipe à La Tranche sur Mer.

Tout commence en 1952-53, quand un jeune ingénieur, agronome, hollandais,  entrepreneur né, Johannes J. Matthijsse et son ami, Yann Vahverhein,  hollandais lui aussi, fils de bulbiculteur, décident  de réaliser leur rêve: " vivre heureux comme le bon Dieu en France", en  y introduisant la culture des oignons à fleurs, en particulier, la tulipe.

 

Le pionnier Johannes J. Matthyjsse

 

 

Ils parcourent alors la France à mobylette afin de trouver une terre propice à la culture des bulbes de tulipes. Après avoir prospecté les plages du Nord, ils visitent tout le littoral atlantique, procédant avec minutie à des dizaines d'analyses de terre et de sable.

 

 Après de nombreuses et vaines journées de recherche, alors que le jeune entrepreneur vient de découvrir un insolite coquillage, strié et fossilisé sur la plage de Biscarosse, le notaire du coin, amateur de pêche et géologue à ses heures,  lui conseille de prospecter  plus au Nord, sur la côte, au delà de La Rochelle, vers une " petite station balnéaire de la  côte de lumière", nommée LA TRANCHE SUR MER.

 

Aussitôt arrivés à La Tranche, Matthyjsse procède aux premiers prélèvements de terrain et le résultat est à la hauteur de ses attentes: le sol est non seulement sablonneux mais aussi calcaire nécessaire à la culture des tulipes. Il est aussi irrigué grâce à l’écoulement de l’eau provenant des dunes du littoral. Ces dernières ont cumulé par infiltration les pluies de l’hiver, cette eau s’écoule ensuite vers le marais.

Le niveau d'eau idéal, (à savoir 70 centimètres de la surface) est de la sorte maintenu régulièrement.

 

Il décide alors de s'installer en plein hiver à La Grière amenant avec lui avec sa jeune épouse et son ami  hollandais. Ils louent un lopin de terre à Xavier Violet derrière les dunes des Rouillières, modeste quadrilatère de dix mètres de côté, considéré comme terrain perdu par son propriétaire.

Au début, moqueries et tracasseries diverses ne manquent pas à l'égard des " étrangers" comme on les nomme.

«  Y saura même pas bêcher! »

 

C’est alors que Monsieur Louis Bessière des Rouillères lui consacre ‘’sous contrat’’ une parcelle de deux hectares. Cette parcelle jouxte aujourd’hui le terrain de camping : « L’Escale du Pertuis ».

 

                                                 Le camping ‘’L'escale du Pertuis’’.

 

Avec le soleil pour allié, le hollandais mise sur l'exceptionnelle précocité de la récolte; il calcule qu'avec le forçage des fleurs sa production se trouverait en avance d'un mois sur toutes les productions des polders de Haarlem.

 

Sa réussite "florale" suscite beaucoup de commentaires parmi les petits exploitants d'oignons, aulx et de pommes de terre du pays. Des groupes se forment de « pro-tulipins et d'antitulipins ».

La curiosité grandissant, les petits exploitants deviennent de plus en plus intéressés par cette réussite.

A la Grière et aux ‘’Rouillières’’ on adopte même la charrue vigneronne pour labourer les ‘’planches’’ de façon plus avantageuse et moins pénible qu’avec la traditionnelle ‘’fraïe’’ (bêche vendéenne).

 

 

Interessés par cette nouvelle culture, un groupe de quelques cultivateurs sollicite M. Matthijsse pour qu'il leur expose en détail l'art de la bulbiculture. Il leur offre alors l'opportunité de cultiver les bulbes de tulipes  en leur fournissant (sous contrat) les bulbes qu'il leur rachète ensuite une fois  multipliés et récoltés.

 

 La culture de la tulipe

 

 

Ainsi est créée le 29 avril 1956, avec 8 adhérents fondateurs, la "Coopérative Agricole des Fleurs et Oignons de la Côte de lumière".

 

Douze ans plus tard, elle compte jusqu'à 135 membres producteurs, certains cultivateurs du village des Conches venant grossir le nombre des sociétaires.

 

Un terrain communal est acheté, situé près du cimetière du creux du tambour. Un premier bâtiment est construit sur la route de Longeville, par René Jaunatre et Victor Denis ; s’y rajoutera un second bâtiment qui viendra s’accoler au premier, construit par l’entreprise Bezard.

 

Le premier bâtiment :

 

 

Le bâtiment est ensuite est doublé en surface, un fronton vient cacher les 2 pignons.

 

Le nouveau bâtiment a été doté d’un équipement moderne : salle d’entrepôt et de forçage, ainsi que des chambres frigorifiques de 150 m3 chacune. S’ajoutent les salles d’expédition, de commercialisation et de gestion.

 

Il appartient aujourd’hui à la commune et est devenu un lieu de réunion des associations tranchaises sous le nom de "Salle des Tamaris".

 

 

Le premier directeur technique fut M. Matthijsse. Après quelques années, il a été remplacé par M. Roland Duvet, ingénieur horticole à La Roche sur Yon.

 

Le directeur technique devait assurer le bon fonctionnement de la coopérative ainsi que la commercialisation des bulbes avec l'aide des magasiniers.

 

Les magasiniers successifs  furent Pierre Haelewyn, Constant Pequin, et René Bessonnet, ce dernier déploiera  toute son énergie pour que la Coopérative perdure ; mais cette dernière cessera malgré tout ses activités en 1990.

 

Le premier président fut M. Joseph Guilbot. Lui ont succédé MM. Pascal Touvron puis Robert Touvron.

 

(A suivre : la vente et la commercialisation des bulbes)   https://autrefois-la-tranche.blog4ever.com/la-culture-de-la-tulipe-a-la-tranche

 

Texte Claude Rousseau et Laurence Ferré ,  photos de Claude Rousseau

 


26/06/2019
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La frégate la Seine (la maquette)

La Seine construite en 1793 au Havre et son capitaine Julien Bigot de la Robillardière sont les héros d'une épopée qui a marqué l'histoire de La Tranche-sur-Mer.

Équipée à sa construction de 18 canons de 18 (*), cette frégate a ensuite été équipée en 1798 de canons de 12 et de 4 caronades soit 42 canons.

Ses dimensions : 700 t, 42.2 m, 12.1 m, 5.5 m

 

(*) 18 est le poids des boulets exprimé en livres soit 9 kg. Elle était pourvue de 18 canons de 18 au départ , puis de 38  canons  et de 4 caronades .

 

Naufragée en mer du Nord, le 5 juin 1803, après récupération et réparations, navigue sous pavillon anglais (HMS  Seine), la frégate n'aura eu qu'une vie aventureuse de dix ans.

 

Un passionné fait revivre la frégate :

 

Claude Groussard, membre de notre association, s'est pris de passion pour l'épopée de la frégate et a entrepris la construction de sa maquette au 1/50e en 1997, suivant les relevés précis que les Anglais ont fait de la frégate après sa capture. Pour l'accastillage, il se réfère aux plans de la Vénus, soeur jumelle de La Seine.

 

 

 

M. Claude Groussard et sa maquette

 

Avec une grande précision , chaque canon, chaque poulie (plus de 900), chaque aménagement est reproduit à l'identique. Claude Groussard pousse ainsi le détail jusqu'à s'imposer de placer le mobilier, les réserves de vivres, les coffres à fusil ou l'infirmerie à leur place dans la frégate, là où ils ne seront plus visibles lorsque les ponts seront fixés.

 

(Source : article paru le 2/12/2012 dans OF et modifié)

 

Détail des 50 pièces constituant un canon

 

                                      Canon monté et ses servitudes              Une caronade servant à la mitraille

 

Les 5 ancres de la Seine

 

Mobilier, outillages, les branles (hamacs) (*) et les lits des officiers

(*) Les branles étaient mis lors des combats dans des cages autour des bastingages de façon à protéger les marins de la mitraille et des balles adverses, d'où l'expression" branle-bas de combat".

Ils étaient aussi mis contre la paroi interne du navire pour éviter les blessures par éclats de bois lorsque des boulets traversaient la coque.

 

Détails d'un canot de sauvetage. Il y en avait trois à bord emboités les uns dans les autres pour économiser de la place.

 

La cabine du capitaine et, à droite, celle de l'aumonier

 

 

Plaques de cuivre sur la coque pour protéger de l'attaque des tarets, mollusques bivalves qui s'attaquent aux bois immergés

Plaques de cuivre sur la coque pour protéger de l'attaque des tarets, mollusques bivalves qui s'attaquent aux bois immergés

Le safran protégé

Le safran protégé

Détails intérieurs. On peut voir le double cabestan pour le levage de l'ancre et les canons en place sur le pont.batterie ainsi que le carré des officiers à l'arrière.

Détails intérieurs. On peut voir le double cabestan pour le levage de l'ancre et les canons en place sur le pont.batterie ainsi que le carré des officiers à l'arrière.

Détails

Détails

Le mât de beaupré (mat horizontal à l'avant)

Le mât de beaupré (mat horizontal à l'avant)

mât de misaine

mât de misaine

Grand mât

Grand mât

Pour la finition, en particulier des voiles, M. Groussard recherche des petites mains pour les confectionner à partir de plans

 

Voir plus de détails dans l'album photo "La maquette"

 


11/05/2019
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1944 - Et si les Allemands...

 

8 mai fête de la libération

 

1944 Et si les Allemands... ?

 

Le vieux moulin

Le 25 août 1944 le gros des troupes allemandes, stationné à La Tranche, pliait bagages et quittait la commune en direction de La Rochelle.

Le 23 ou le 24 août, les artificiers allemands avaient pratiqué des excavations tout autour du mur du Vieux Moulin, celles-ci étaient prêtes à recevoir les charges de dynamite.

Le départ précipité des Allemands a sauvé l'édifice de sa destruction, (l'occupant des années 40 n'est pas responsable de son actuel état de délabrement)

 

 

Texte et photos de Claude Rousseau

 

 

L’avenue Victor Hugo et l’hôtel de « la Belle image »

 

 

 

De nos jours, l’avenue Maurice Samson commence à ce carrefour ; elle occupe dans sa largeur, l’emplacement du bâtiment situé à gauche ainsi que  le chemin (ancienne rue Calmette).

Dans ce bâtiment se trouvait la cuisine de l’hôtel prolongée par la salle à manger.

Ces maisons furent « les dernières victimes » de l’occupant qui les fit raser en 1944 ainsi que toutes les maisons et bâtiments divers qui se trouvaient dans la ligne de mire des canons de la casemate construite sur la dune de la propriété Millet en face de l’actuel  self-service l’Équipage.

Cette opération de démolition fut également effectuée dans  les directions est et ouest du bourg qui amena à détruire une bonne partie des villas du bord de mer.

D’autres maisons devaient aussi être détruites mais le repli précipité des occupants vers la poche de La Rochelle, à la fin du mois d’août 1944 mit un terme à ce projet destructeur.

 En 1945, les FFI gardaient les prisonniers de guerre allemands; ils leur faisaient mettre en tas les pierres des maisons détruites, de même que réparer tant bien que mal les autres dégâts.

 

Texte de Michel Boiral

 

Le blockhaus Millet

 

 

 

24 août 1944

Les Allemands, avant leur retraite vers la poche de La Rochelle font sauter le phare,

 

 

 

 

ainsi que les soutes à munitions des blockhaus, certains blockhaus et après leur passage le pont de l’Aiguillon.

 

 

Le 20 août 1944

 

C’est la destruction des stations radar  du Moulin de la Garde à la Jonchère dont on entend les explosions de La Tranche (ici station radar de Fontaine).

 

 

Anciennes villas du bord de mer détruites par les Allemands pour laisser le champ libre au tirs du blockhaus Millet.

 

 


08/05/2019
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Articles du journal "L'Empire" en avril 1807

 

Pour faire suite à la bataile de la Seine de 1798, les incursions anglaises sur notre sol semblaient ne pas être rares :

 

Deux articles parus en avril 1807 dans le journal « L’Empire »

 

  • « Le 9 de ce mois, à trois heures de l'après-midi, sept péniches portant environ 200 hommes, détachées de la flotte anglaise qui mouille dans le Pertuis Breton, sont venues pour descendre à la vigie, située près le bourg de la Tranche, côte de la Vendée, en face de l'île de Ré. Les Anglais étaient sur le point de souiller le sol français, lorsque M. le général de division Travot, commandant le camp volant de Napoléon [La Roche / Yon], et M. Béchaud, major du 66e régiment, commandant le 1er arrondissement dudit camp, faisant leur tournée sur la côte, arrivèrent au même point ; un peloton de 30 hommes du 66e et quelques canonniers gardes-côtes y accoururent aussi de la Tranche. L'ennemi manœuvra à portée de pistolet de la côte, tira à cette distancé plus de 50 coups de mitraille sur la troupe ; mais il fut tellement comprimé par la ferme contenance de ces militaires encouragés par la présence de leurs chefs, qu'il n'osa effectuer son débarquement. M. le général Travot resta à cheval, au milieu de la mitraille, pendant trois quarts d'heure, défiant vocalement avec sa bravoure ordinaire les Anglais de mettre pied à terre ; ils crurent prudent de répondre à ce défi, en couvrant de mitraille le sable sur lequel était placé le général. II est à présumer que les Anglais renouvelleront souvent leurs attaques pour essayer de brûler les vigies, détruire quelques batteries ou enlever des bestiaux ; mais les dispositions sont prises pour les recevoir de manière à ce qu’ils s’en repentent toujours ».

 

  • « On vient de publier l'extrait suivant de l'ordre général de la 12e division militaire en date du 11 avril : « Le général commandant la division et le camp volant, a été extrêmement satisfait de la conduite qu'a tenue le détachement du 66e régiment d'infanterie et de la 61e compagnie de gardes-côtes du cantonnement de la Tranche, lorsque sept péniches anglaises, ayant environ 200 hommes à bord, se sont présentées le 9 de ce mois, à trois heures après midi, devant la vigie du Rocher, pour y opérer un débarquement. Ce faible détachement, exposé pendant trois quarts d'heure à la fusillade et à la mitraille, en a tellement imposé par sa bonne contenance et sa fermeté, que l'ennemi s'est retiré, sans avoir effectué son projet. Les habitants de la commune de la Tranche ont aussi, à cette occasion, donné des preuves du plus grand dévouement ».

Et aussi :

 

1806. Descente des anglais à la Pointe d’Arçais.

 

Je vous préviens, par une ordonnance, que l'ennemi vient de se présenter de nouveau à la pointe de Larçay et celle de l'Aiguillon où ils ont effectué un débarquement d'environ 300 hommes.

Comme vous verrez par le rapport ci-joint ont pris le fort de la Pointe et brûlé la vigie.

Toutes nos troupes garde nationales y sont portées et gendarmerie de Luçon et Moreilles vont arriver en l'instant à ce que m'a rapporté mon ordonnance ;

Ref : Le maire de la commune de Saint-Michel, à Monsieur le sous-préfet de l'arrondissement de Fontenay

 

1806. 28 Avril

Les Anglais tentèrent encore vainement de descendre sur les côtes de la Tranche et l'Aiguillon. Ils tentèrent aussi, mais sans plus de succès, de bruler la vigne de la Faute,sauvés par les préposés.Ils se contentèrent de piller la maison d'un nommé Chauveau et d'emporter de chez lui tout ce qu'ils purent trouver de comestibles.

Ref:Louis Brochet. La Vendée à travers les âges.

 

 


21/04/2019
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Le combat de la Seine rapporté par les Anglais

Le combat de La Seine rapporté par les Anglais

 

Rapport de l’amiral Bridport sur la prise de la frégate La Seine :

 

A bord du Jason, au Perthuis Breton, le 14 messidor

 

Primidi (1 )dernier, à 7h du matin, la division de sa Majesté à mes ordres, composée du Jason, de la pique et de la Mermaid, donna chasse à une frégate française à hauteur de Saintes. A 11 heures de nuit, La Pique engagea l’action et continua un feu de chasse, jusqu’à ce que le Jason se mit entre les deux. Dans ce moment nous vîmes la terre près de la pointe de La Tranche tout contre notre bossoir de basbord, et avant que notre frégate pût répondre au gouvernail, elle échoua près de l’ennemi que nous aperçùmes sur le champ avoir échoué aussi. Très malheureusement, la marée haussant, nous ne penchions qu’en avant, et par conséquent nous étions abattus, notre poupe près de la batterie de l’ennemi qui, quoiqu’il fût dématé ne manque pas de tirer avantage de cette position ; mais nous entretinmes un feu bien dirigé de quelques canons de l’arrière, et à deux heures et demie il amena.

 

Notre adversaire s’appelle La Seine commandée par le capitaine Brejot (2) de 42 canons de 28 et de 9, et 610 hommes, compris les troupes. Elle était partie de l’île de France,  il y a trois mois, et alloit à l’Orient. Vers le commencement du combat j’eus le malheur d’être blessé et obligé de quitter le pont ; mais je fus consolé de cet accident par la réflexion que le service ne souffriroit pas de mon absence, car personne ne pouvoit me remplacer avec plus de gloire pour lui-même et plus d’avantage pour l’état, que mon premier lieutenant M. Ch. Inglis.

 

Je passe maintenant à la partie pénible de ma narration à laquelle je suis obligé de donner plus d’étendue que je n’eusse fait sans les circonstances particulières du combat. C’est la perte de la Pique, dont les officiers et les équipages méritoient un meilleur sort. Le capitaine Milne l’avoit conduite au combat comme un brave marin, mais il eût le malheur d’avoir le grand mât de hune emporté, ce qui le fit rester en arrière. L’ardeur  de renouveller le combat l’emportant, il n’entendit pas que je le hélois de jeter l’ancre et son bâtiment échoua sur notre côté au large, assez près de l’ennemi pour recevoir son boulet au-dessus de nous, quoique mal situé pour riposter. Le matin on ne négligea aucun effort pour dégager les vaisseaux ; mais le Jason réussit seul. Voyant que la Pique étoit brisée, j’ordonnai au capitaine de la détruire, et d’employer toute son activité et son talent à sauver la prise, qu’après beaucoup de difficulté il mit à flot hier soir en jetant ses canons , etc, à la mer.

 

La carnage à bord de la Seine a été très grand ; elle a eu environ 170 hommes tués et environ 100 blessés, dont plusieurs mortellement. Je joins la liste de notre perte sur le Jason. C’est avec douleur que je compte au nombre de tués M.Rd Robotier, mon second lieutenant qui mourut glorieusement en combattant. Les agrès de la Pique étoient prodigieusement délabrés, et le Jason n’a pas un mât et une vergue qui ne soient endommagés, pas un hauban ou un câble qui ne soient coupés et toutes ses voiles sont en pièces. Si notre frégate avoit pu rester dans sa première position, et si notre compagne eût pu prendre la situation qu’elle vouloit, l’affaire eût fini plutôt, et les hauts n’eussent pas tant souffert. Il est injuste d’observer que pendant notre longue chasse, la Mermaid fit tous ses efforts pour approcher l’ennemi, et j’ai beaucoup d’obligation au capitaine Newman pour avoir relevé ce vaisseau. Dàs que nous fûmes à flot, la division du capitaine Stopford parut au large, et lui ayant fait signal, elle nous a rendu des services infinis.

 

signé Stirling

 

(1) primidi : premier jour de la décade républicaine

(2) Capitaine Bigot sans doute (problème de traduction ?)

 

 

Gravure anglaise commémorant la bataille de La Seine.

 

Ce point de vue de l' "ennemi" est très intéressant.

 


27/04/2019
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La Bataille de la Seine (suite) vue de l'Île de Ré

Rapport du du 13 juin du sous-commissaire Lacroix de l'Île de Ré à l'Ordonnateur de la Marine à Rochefort, son chef direct :

  • L'inquiétude est grande car on a entendu pendant la nuit du 29 au 30 juin une violente canonnade. Dès 7 heures du matin, Lacroix en avertit l'Ordonnateur : J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'une vive canonnade a eu lieu cette nuit depuis 9 heures du soir jusque vers les 3 heures du matin ... Le feu a été si vif que l'on a entendu la fusillade rouler pendant quelques temps avec beaucoup d'activité.
  • Le lendemain, ayant pu avoir des informations plus complètes, il les transmet à son supérieur : La chaloupe que j'ai envoyée hier soir dans la rivière de Moric  arrive en ce moment et le jeune homme que j'avais envoyé pour s'informer à la Tranche a vu le commissaire des Sables (d'Olonne) et le général Travot qui étoient rendus à la Tranche. Il m'a rapporté une lettre du citoyen Joannin qui me demande des barques et des vivres afin d'enlever les marins et les blessés ; et ce citoyen m'a rapporté que le combat qui avait eu lieu s'était passé entre la frégate française la Seine et trois frégates anglaises. La frégate la Seine était partie de l'Inde avec un riche chargement. Elle a été poursuivie à Belle-Isle par trois frégates qu'elle a forcé à l'abandonner. Elle a ensuite été remontée sous l'isle Dieu par deux frégates anglaises qu'elle a forcé d'amener à l'entrée du Pertuis, mais une troisième l'ayant atteint et les deux autres ayant rehissé pavillon, elles ont regagné le combat et la Seine s'est vite obligée de faire côte en forçant la frégate anglaise la Pique de s'y jeter aussi. Cette dernière est entièrement perdue. Le capitaine Bigot, commandant la Seine ayant perdu beaucoup de monde et ayant près de 250 blessés a été forcé d'amener et a été fait prisonnier et conduit à bord des Anglais. Elles ont sauvé l'équipage de la Pique et emporté du bord de la Seine dont elles s'approchent à la pleine mer tous les objets qu'elles ont pu en tirer et, lorsque la marée est basse, le citoyen Joannin en  fait tirer ce qu'il peut. Je vais faire retourner la chaloupe avec 800 livres de pain et une barrique de vin, et quatre traversiers pour emmener ici tous les marins blessés ou autres. J'ai fait faire à l'hôpital des dispositions nécessaires pour recevoir les blessés. Il y a en ce moment sur rade 12 bâtiments de la République.

Le 1" juillet arrivaient à Saint-Martin deux embarcations chargées de blessés. Toute la garnison, les marins et les habitants se sont empressés de les porter à l'hôpital.

Les Anglais sont toujours à la Tranche. Ils ont relevé hier à la marée la frégate la Seine ; elle est à la toue (à la remorque) du vaisseau rasé.

Le 4 juillet, plusieurs barques étaient arrivées, chargées de troupe, de marins et de blessés ... Je leur ai fait délivrer des vivres en  les logeant chez les habitants. Il y avait à bord des passagers faisant partie des 107e et 108e régiments et de la 8e compagnie d'artillerie. Il est rentré à l'hôpital 90 blessés, deux d'entre eux sont morts.

 

Il est entré hier un parlementaire qui venait du bord de la division anglaise réclamer ses blessés et il m'en a remis deux (des nôtres). Le patron m'a rapporté que le commodore anglais était blessé au bras gauche. (Il s'agit vraisemblablement du commodore Stirling)

 

Dans la nuit dit 14 au 15, les Anglais ont mis le feu à bord de la frégate la Pique. Il s'est éteint, ils l'ont remis le 15 au soir ... La frégate la Seine paraît remâtée.

Le 6 juillet, les Anglais appareillent emmenant avec eux la frégate la Seine.

 

 


13/04/2019
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Le combat du navire "La Seine"

Le combat du navire « La Seine » les 29 et 30 juin 1798 (11 et 12 messidor an VI)

 

Ce vaisseau fût armé en flûte (1) en vue de la Campagne dite : Station Ile de France. 250 passagers et 450 hommes du régiment de Pondichéry.

La frégate "La Seine" avait été envoyée dans la mer des Indes en 1796. Le 6 avril 1798, le commandement en était confié au lieutenant de vaisseau Julien BIGOT avec l'ordre de rapatrier en France 400 personnes. L'équipage de "La Seine" fut donc réduit à 200 marins (au lieu de 300 en temps normal) ce qui donnait 610 hommes à bord. La frégate fit une heureuse traversée après avoir passé  par l’ « Ile de France » actuelle île Maurice. Après 84 jours de voyage, à l'aube du 29 juin, les vigies crièrent "terre" mais hélas presqu'aussitôt "voiles à l'horizon". Plusieurs bâtiments anglais coupaient la route de "la Seine" à Belle île et la forcent vers l’île d’Yeu puis dans le Pertuis breton à la pointe du Grouin du cou à la Tranche sur mer.

Le combat était inévitable et inégal, il fut extrêmement violent.

Le 11 messidor durant toute la nuit (11-12 Messidor An VI) un combat acharné oppose la SEINE à une division anglaise (Commodore Stirling) composée de trois frégates (JASON, PIQUE et MERMAID) d'un cotre, d'un lougre et d'une corvette La Babet, à la Pointe du Grouin où les 4 frégates s’échouent, la mer étant basse, tout en continuant de se mitrailler.

Une autre division anglaise (Commodore Durham) venant de l'île d'Yeu composée d'un vaisseau rasé (le Anson) (2) et de trois frégates (Son Fiorenzo, Triton et Phaëton)  se mit à canonner la Seine mais de loin craignant de s'échouer aussi.

 

Son équipage décimé, la SEINE doit amener son pavillon, après avoir coulé le HMS PIQUE et endommagé gravement le JASON. La MERMAID entra alors dans le combat mais s'échoua aussi. 

La SEINE était alors démâtée de tous ses mâts, sans gouvernail, ses poudres noyées avec neuf pieds d'eau dans la  cale, toute sa batterie démontée excepté 2 pièces de 18 et une de 8, plus de 400 hommes tués ou hors de combat.

Cette belle frégate qui la veille encore, présentait l'aspect le plus animé et portait avec orgueil les couleurs françaises, n'offrait plus alors aux yeux de ceux qui l'avaient si bravement défendue, que l'image de la destruction : criblée de toutes parts de boulets et de mitraille, son pont teint de sang et jonché de débris humains, des fragments de mâture et de gréement recouvrant en partie des têtes, des bras, des jambes et des troncs d'hommes ; toutes les embarcations étaient en pièces.

 

Quant au capitaine BIGOT, blessé, ses vêtements et son chapeau criblés de balles et de mitraille, se voyant submergé par le nombre d'ennemis et jugeant que toute résistance était désormais inutile et impossible avec un navire échoué et dans un tel état, ne pouvant rien faire pour sauver à terre le reste de son équipage (toutes les embarcations de "La Seine" avaient été pulvérisées par la mitraille) dût se résoudre, la mort dans l'âme, à amener son pavillon et à cesser le combat, vers 3 heures du matin, après 10 heures de lutte effroyable.

 

La MERMAID réussit à se dégager seule mais c'est avec beaucoup de difficultés que Le JASON et La SEINE ont pu être renflouées.

Les Anglais reviennent à deux fois pour brûler les restes de La PIQUE. La SEINE très endommagée fut remise à flot en jetant tous ses canons à la mer, puis ils l'emmènent à la remorque jusqu’à Portsmouth. 

Au bruit du combat, le général Travot se rend en personne à La Tranche.

 

Quelques années plus tard, une forte tempête drossa à la côte une partie de la coque de la Pique avec plusieurs canons. La quille et les autres canons doivent toujours être au fond.

 

Devenue HMS SEINE, elle subit un carénage à Chatham Dockyard dans le Kent (GB) entre Juin et Juillet 1803; ses plans furent copiés. Peu après son retour en service elle s'échoua sur un banc de sable au nord de Terschelling (île néerlandaise) , le 21 Juillet 1803. Les pilotes avaient assuré le capitaine Milne que sa position était sûre. Quarante minutes plus tard, elle talonnait le banc de sable. L'équipage a travaillé jusqu'au petit matin, avec l'aide de deux navires marchands pour la déséchouer, mais en vain. A 11h30 l'équipage abandonne la frégate et mettent le feu. Une cour martiale réunie le 4 août 1803, a honorablement acquitté le capitaine Milne, ses officiers et l'équipage de la perte du navire. Toutefois, elle a constaté la culpabilité des pilotes et les a condamnés à être privés de tous salaires pendant deux ans et emprisonné pour deux ans.

 

Julien Gabriel BIGOT de la Robillardière, le commandant héroïque de "La Seine" est né le 4 avril 1761 à Villaines-la-Juhel (Mayenne) et décédé le 15 mars 1817 à Brest.

 

 

Blessé en plusieurs endroits et la jambe fracassée (il restera handicapé toute sa vie) il fut emmené en captivité en Angleterre et soigné par un chirurgien anglais. Il est emprisonné pendant trois mois à bord du ponton "Le Prothée".

Bientôt libéré, "en égard au courage malheureux", le capitaine Bigot, qui commandait " La Seine" est accueilli triomphalement en France. Le Directoire le cite à l’ordre de la Nation et lui offre des armes d’honneur (*), après qu’un Conseil de Guerre l’ait blanchi de toute responsabilité dans la perte de son navire.

(*) Ces armes d'honneur étaient constituées d'un sabre avec son fourreau, d'un fusil et d'une paire de pistolets (volés par les Allemands)

 

A l’occasion du bicentenaire de cette bataille, la commune de La Tranche a honoré le capitaine Bigot en lui donnant le nom d’une place près de pavillon de l’Aunis ainsi qu’une stèle à la mémoire de ce combat près du phare du Grouin du cou (Place du 12 messidor An VI).

 

 

 

(1) Le terme flûte désigne un navire de guerre  armé spécialement pour le transport de troupes  de 600 à 1500 tonneaux ou pour la logistique (bâtiment-magasin ou hopitaux)

Ce terme sera remplacé par « Corvette de charge » au 19è siècle.

 

2)  Vaisseau Rasé ou Cut down ship  est un vaisseau à deux ponts dont on a coupé ou rasé la batterie supérieure, il n’a donc plus qu’une batterie couverte, il est donc moins lourd dans les hauts, et il acquiert des qualités nautiques dont il était dépourvu.

 

L'ancre de la Pique, patrimoine communal :

 

Sur le site même de la bataille, un groupe de plongeurs locaux s'est passionné pour la frégate. En mai 2009, une expédition a permis de récupérer un véritable trésor d'archéologie maritime. À l'aide de six parachutes de levage, d'une capacité de cinq tonnes, gonflés à l'aide de bouteilles de plongée, une ancre, vraisemblablement celle de la Pique, a été ramenée au jour. Elle trône désormais à l'entrée de la zone du Maupas, à La Tranche-sur-Mer.

 

 

 

 


07/04/2019
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