Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

L'apparition de la culture de la tulipe à La Tranche sur Mer.

Tout commence en 1952-53, quand un jeune ingénieur, agronome, hollandais,  entrepreneur né, Johannes J. Matthijsse et son ami, Yann Vahverhein,  hollandais lui aussi, fils de bulbiculteur, décident  de réaliser leur rêve: " vivre heureux comme le bon Dieu en France", en  y introduisant la culture des oignons à fleurs, en particulier, la tulipe.

 

Le pionnier Johannes J. Matthyjsse

 

 

Ils parcourent alors la France à mobylette afin de trouver une terre propice à la culture des bulbes de tulipes. Après avoir prospecté les plages du Nord, ils visitent tout le littoral atlantique, procédant avec minutie à des dizaines d'analyses de terre et de sable.

 

 Après de nombreuses et vaines journées de recherche, alors que le jeune entrepreneur vient de découvrir un insolite coquillage, strié et fossilisé sur la plage de Biscarosse, le notaire du coin, amateur de pêche et géologue à ses heures,  lui conseille de prospecter  plus au Nord, sur la côte, au delà de La Rochelle, vers une " petite station balnéaire de la  côte de lumière", nommée LA TRANCHE SUR MER.

 

Aussitôt arrivés à La Tranche, Matthyjsse procède aux premiers prélèvements de terrain et le résultat est à la hauteur de ses attentes: le sol est non seulement sablonneux mais aussi calcaire nécessaire à la culture des tulipes. Il est aussi irrigué grâce à l’écoulement de l’eau provenant des dunes du littoral. Ces dernières ont cumulé par infiltration les pluies de l’hiver, cette eau s’écoule ensuite vers le marais.

Le niveau d'eau idéal, (à savoir 70 centimètres de la surface) est de la sorte maintenu régulièrement.

 

Il décide alors de s'installer en plein hiver à La Grière amenant avec lui avec sa jeune épouse et son ami  hollandais. Ils louent un lopin de terre à Xavier Violet derrière les dunes des Rouillières, modeste quadrilatère de dix mètres de côté, considéré comme terrain perdu par son propriétaire.

Au début, moqueries et tracasseries diverses ne manquent pas à l'égard des " étrangers" comme on les nomme.

«  Y saura même pas bêcher! »

 

C’est alors que Monsieur Louis Bessière des Rouillères lui consacre ‘’sous contrat’’ une parcelle de deux hectares. Cette parcelle jouxte aujourd’hui le terrain de camping : « L’Escale du Pertuis ».

 

                                                 Le camping ‘’L'escale du Pertuis’’.

 

Avec le soleil pour allié, le hollandais mise sur l'exceptionnelle précocité de la récolte; il calcule qu'avec le forçage des fleurs sa production se trouverait en avance d'un mois sur toutes les productions des polders de Haarlem.

 

Sa réussite "florale" suscite beaucoup de commentaires parmi les petits exploitants d'oignons, aulx et de pommes de terre du pays. Des groupes se forment de « pro-tulipins et d'antitulipins ».

La curiosité grandissant, les petits exploitants deviennent de plus en plus intéressés par cette réussite.

A la Grière et aux ‘’Rouillières’’ on adopte même la charrue vigneronne pour labourer les ‘’planches’’ de façon plus avantageuse et moins pénible qu’avec la traditionnelle ‘’fraïe’’ (bêche vendéenne).

 

 

Interessés par cette nouvelle culture, un groupe de quelques cultivateurs sollicite M. Matthijsse pour qu'il leur expose en détail l'art de la bulbiculture. Il leur offre alors l'opportunité de cultiver les bulbes de tulipes  en leur fournissant (sous contrat) les bulbes qu'il leur rachète ensuite une fois  multipliés et récoltés.

 

 La culture de la tulipe

 

 

Ainsi est créée le 29 avril 1956, avec 8 adhérents fondateurs, la "Coopérative Agricole des Fleurs et Oignons de la Côte de lumière".

 

Douze ans plus tard, elle compte jusqu'à 135 membres producteurs, certains cultivateurs du village des Conches venant grossir le nombre des sociétaires.

En 1955 il y avait 200 ha cultivés pour la bubiculture.

 

Un terrain communal est acheté, situé près du cimetière du creux du tambour. Un premier bâtiment est construit sur la route de Longeville, par René Jaunatre et Victor Denis ; s’y rajoutera un second bâtiment qui viendra s’accoler au premier, construit par l’entreprise Bezard.

 

Le premier bâtiment :

 

 

Le bâtiment est ensuite est doublé en surface, un fronton vient cacher les 2 pignons.

 

Le nouveau bâtiment a été doté d’un équipement moderne : salle d’entrepôt et de forçage, ainsi que des chambres frigorifiques de 150 m3 chacune. S’ajoutent les salles d’expédition, de commercialisation et de gestion.

 

Il appartient aujourd’hui à la commune et est devenu un lieu de réunion des associations tranchaises sous le nom de "Salle des Tamaris".

 

 

Le premier directeur technique fut M. Matthijsse. Après quelques années, il a été remplacé par M. Roland Duvet, ingénieur horticole à La Roche sur Yon.

 

Le directeur technique devait assurer le bon fonctionnement de la coopérative ainsi que la commercialisation des bulbes avec l'aide des magasiniers.

 

Les magasiniers successifs  furent Pierre Haelewyn, Constant Pequin, et René Bessonnet, ce dernier déploiera  toute son énergie pour que la Coopérative perdure ; mais cette dernière cessera malgré tout ses activités en 1990.

 

Le premier président fut M. Joseph Guilbot. Lui ont succédé MM. Pascal Touvron puis Robert Touvron.

 

(A suivre : la vente et la commercialisation des bulbes)   https://autrefois-la-tranche.blog4ever.com/la-culture-de-la-tulipe-a-la-tranche

 

Texte Claude Rousseau et Laurence Ferré ,  photos de Claude Rousseau

 



26/06/2019
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