Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

La confiserie Laurent

La confiserie Laurent:

 

Roger Laurent d’origine charentaise était né près de Saintes en 1904. Son père prénommé Onésime était confiseur, il possédait un manège. Ne voulant pas que son fils soit confiseur comme lui, ce dernier l’avait fait embaucher au Crédit Lyonnais de Saintes. Roger ne se plaisait pas dans cet établissement.

 

 Au milieu des années 20, Monsieur Laurent père était venu un été sur la place de l’église de La Tranche, vendre des cravates et des écharpes à la sortie de la messe. Il estima alors qu’il y avait un nombre d’habitants suffisant l’été, pour venir avec sa confiserie ambulante, vendre ses sucres d’orge.

 

Monsieur Laurent père vint donc à La Tranche l’été 1929 avec son fils Roger et ses véhicules, et s’installa sur la place de l’église. Au début des années 30, Roger Laurent qui avait quitté la banque, ne fabriquait que des sucres d’orge, il ne se mit à fabriquer des crèmes glacées que quelques années plus tard.

La crème préparée la veille au soir, était versée très tôt le lendemain matin dans la sorbetière à main entourée de glace pilée.

La glace venait de la Roche où elle était livrée les mardis, jeudis et samedis.

 

 Les glaces étaient alors vendues dans de petites barquettes d’aluminium avec une spatule en bois avant l’apparition du cornet en gaufre.

L’eau était puisée dans un puits commun avec M. Roy dit : le père Frédéric, et la mère Maria sur la dune en face l’église. Après la construction de la mairie en 1934, l’eau était prise à la pompe située près du local du corbillard et de la salle de musique.

 

Roger Laurent se maria en 1935 avec Reine Durand, coiffeuse née à Angles en 1915.

 

Roger a été mobilisé en 1939, le matériel fut alors stocké chez différentes personnes. Le matériel frigorifique fut stocké chez M. Violet.

Fait prisonnier en 1940, libéré en 1945, Roger Laurent reprit son activité en 1946. Une activité réduite aux quantités de sucre disponibles en raison des restrictions.

 

                                                     Mme et M. Laurent :

 

 

 

 

 

 

 

 

Mme Jutard (Christiane Caradu) a été embauchée en 1947 après avoir travaillé chez Mme Ruchaud, puis pendant un mois chez M. Bouet.

Elle y restera pendant 38 ans. Elle vendait les confiseries et les glaces pendant l’été et l’hiver elle faisait la vaisselle, le ménage, la lessive, le raccommodage et le repassage.

En 1947, Henri Jutard avait été embauché pour la saison comme ouvrier boulanger chez Monsieur Rabaud. La boulangerie Rabaud actuellement Maudhuizon était proche la confiserie Laurent, ce qui contribua à ce qu’Henri et Christiane fassent connaissance. 

                     

Elle s’est mariée en 1947 avec Henri dit Riquet. Celui-ci participait à toutes les activités de M. Laurent.

 

L’été c’était La Tranche puis la foire de Bordeaux et retour en novembre à Rochefort. Les caravanes étaient remisées dans une ancienne usine de conserves désaffectée et où le matériel était entretenu.

En 1956, les caravanes ont été installées sur la nouvelle place de la liberté suite au transfert du cimetière avec de nouvelles baraques de jeux comprenant flippers, babyfoots, mini-bowling et jukebox dont Riquet assurait l’entretien et les petites réparations des flippers.

 

 

Les produits qui entraient dans les crèmes glacées étaient toujours des produits frais naturels (lait, œufs, crème) achetés chez des producteurs locaux.

 

Qui ne se souvient pas des excellentes glaces, du café liégeois, des nougats aux amandes, des pralines, des caramels, des berlingots ou des sucres d’orge chauds travaillés le soir devant le public étonné et ravi par le savoir-faire des confiseurs et par les délicieuses odeurs qui s’en dégageaient avant de les déguster. Les sucres d'orge, encore chauds, refusaient de se tenir droits.

La clientèle de saison restait toujours fidèle et M. Laurent soucieux de la qualité.

Les glaces à emporter étaient toujours très prisées des familles aisées.

 

Pour l’hiver, on achetait des sucres d’orge et des berlingots que l’on conservait dans un bocal, couverts de sucre.

 

La maison Laurent s’est installée « en dur » en 1976 de l’autre côté de la place de la Liberté sur un terrain acheté à la famille Labbé.

 

Dans les années 60, il avait fait aménager pour le personnel d'abord, un logement derrière l'église dans une ancienne poste devenue ensuite gendarmerie puis maintenant le bureau de la police munisipale. Achetée sous conditions à M. Albert Millet, il y habitera ensuite et y décédera en 1969. Mme Laurent fera agrandir la maison.

 

La confiserie a continué de fonctionner avec son épouse, décédée en 1989, aidée de Riquet et de Christiane puis avec Marie-Madeleine Caradu épouse Rossignol. Elle a été revendue tout en conservant le nom de « Confiserie Laurent » et qui subsiste toujours comme  une véritable institution.

Riquet est décédé en 1994 et Marie-Madeleine en 2007.

 

Au fil des années, les Laurent furent considérés par les Tranchais comme des forains faisant entièrement partie de la saison estivale.

 

(Propos tirés de l’interview de Mme Christiane Jutard réalisé par Mme Josiane Toussaint et Claude Rousseau)

Texte de JP Bouchet

 

 

La confiserie Laurent en 1932 et trois petits Villageas un dimanche:

 

Au premier plan devant la confiserie Laurent : la dame en noir est Modeste Raballand l’épouse de Félicien Raballand , celle-ci est aussi la grand-tante de Georges Raballand (le petit garçon placé à sa droite sur la photo).

 Paul Maroilleau est le garçon qui a le bras posé sur l’épaule de Georges Raballand.

 Derrière Paul Maroilleau se cache Yvon Frémit dont on aperçoit le chapeau, ce dernier est accompagné de sa grand’mère Frémit (placée juste derrière Georges Raballand).

 

 

 



15/09/2018
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