Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

La frégate la Seine (la maquette)

La Seine construite en 1793 au Havre et son capitaine Julien Bigot de la Robillardière sont les héros d'une épopée qui a marqué l'histoire de La Tranche-sur-Mer.

Équipée à sa construction de 18 canons de 18 (*), cette frégate a ensuite été équipée en 1798 de canons de 12 et de 4 caronades soit 42 canons.

Ses dimensions : 700 t, 42.2 m, 12.1 m, 5.5 m

 

(*) 18 est le poids des boulets exprimé en livres soit 9 kg. Elle était pourvue de 18 canons de 18 au départ , puis de 38  canons  et de 4 caronades .

 

Naufragée en mer du Nord, le 5 juin 1803, après récupération et réparations, navigue sous pavillon anglais (HMS  Seine), la frégate n'aura eu qu'une vie aventureuse de dix ans.

 

Un passionné fait revivre la frégate :

 

Claude Groussard, membre de notre association, s'est pris de passion pour l'épopée de la frégate et a entrepris la construction de sa maquette au 1/50e en 1997, suivant les relevés précis que les Anglais ont fait de la frégate après sa capture. Pour l'accastillage, il se réfère aux plans de la Vénus, soeur jumelle de La Seine.

 

 

 

M. Claude Groussard et sa maquette

 

Avec une grande précision , chaque canon, chaque poulie (plus de 900), chaque aménagement est reproduit à l'identique. Claude Groussard pousse ainsi le détail jusqu'à s'imposer de placer le mobilier, les réserves de vivres, les coffres à fusil ou l'infirmerie à leur place dans la frégate, là où ils ne seront plus visibles lorsque les ponts seront fixés.

 

(Source : article paru le 2/12/2012 dans OF et modifié)

 

Détail des 50 pièces constituant un canon

 

                                      Canon monté et ses servitudes              Une caronade servant à la mitraille

 

Les 5 ancres de la Seine

 

Mobilier, outillages, les branles (hamacs) (*) et les lits des officiers

(*) Les branles étaient mis lors des combats dans des cages autour des bastingages de façon à protéger les marins de la mitraille et des balles adverses, d'où l'expression" branle-bas de combat".

Ils étaient aussi mis contre la paroi interne du navire pour éviter les blessures par éclats de bois lorsque des boulets traversaient la coque.

 

Détails d'un canot de sauvetage. Il y en avait trois à bord emboités les uns dans les autres pour économiser de la place.

 

La cabine du capitaine et, à droite, celle de l'aumonier

 

 

Plaques de cuivre sur la coque pour protéger de l'attaque des tarets, mollusques bivalves qui s'attaquent aux bois immergés

Plaques de cuivre sur la coque pour protéger de l'attaque des tarets, mollusques bivalves qui s'attaquent aux bois immergés

Le safran protégé

Le safran protégé

Détails intérieurs. On peut voir le double cabestan pour le levage de l'ancre et les canons en place sur le pont.batterie ainsi que le carré des officiers à l'arrière.

Détails intérieurs. On peut voir le double cabestan pour le levage de l'ancre et les canons en place sur le pont.batterie ainsi que le carré des officiers à l'arrière.

Détails

Détails

Le mât de beaupré (mat horizontal à l'avant)

Le mât de beaupré (mat horizontal à l'avant)

mât de misaine

mât de misaine

Grand mât

Grand mât

Pour la finition, en particulier des voiles, M. Groussard recherche des petites mains pour les confectionner à partir de plans

 

Voir plus de détails dans l'album photo "La maquette"

 


11/05/2019
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1944 - Et si les Allemands...

 

8 mai fête de la libération

 

1944 Et si les Allemands... ?

 

Le vieux moulin

Le 25 août 1944 le gros des troupes allemandes, stationné à La Tranche, pliait bagages et quittait la commune en direction de La Rochelle.

Le 23 ou le 24 août, les artificiers allemands avaient pratiqué des excavations tout autour du mur du Vieux Moulin, celles-ci étaient prêtes à recevoir les charges de dynamite.

Le départ précipité des Allemands a sauvé l'édifice de sa destruction, (l'occupant des années 40 n'est pas responsable de son actuel état de délabrement)

 

 

Texte et photos de Claude Rousseau

 

 

L’avenue Victor Hugo et l’hôtel de « la Belle image »

 

 

 

De nos jours, l’avenue Maurice Samson commence à ce carrefour ; elle occupe dans sa largeur, l’emplacement du bâtiment situé à gauche ainsi que  le chemin (ancienne rue Calmette).

Dans ce bâtiment se trouvait la cuisine de l’hôtel prolongée par la salle à manger.

Ces maisons furent « les dernières victimes » de l’occupant qui les fit raser en 1944 ainsi que toutes les maisons et bâtiments divers qui se trouvaient dans la ligne de mire des canons de la casemate construite sur la dune de la propriété Millet en face de l’actuel  self-service l’Équipage.

Cette opération de démolition fut également effectuée dans  les directions est et ouest du bourg qui amena à détruire une bonne partie des villas du bord de mer.

D’autres maisons devaient aussi être détruites mais le repli précipité des occupants vers la poche de La Rochelle, à la fin du mois d’août 1944 mit un terme à ce projet destructeur.

 En 1945, les FFI gardaient les prisonniers de guerre allemands; ils leur faisaient mettre en tas les pierres des maisons détruites, de même que réparer tant bien que mal les autres dégâts.

 

Texte de Michel Boiral

 

Le blockhaus Millet

 

 

 

24 août 1944

Les Allemands, avant leur retraite vers la poche de La Rochelle font sauter le phare,

 

 

 

 

ainsi que les soutes à munitions des blockhaus, certains blockhaus et après leur passage le pont de l’Aiguillon.

 

 

Le 20 août 1944

 

C’est la destruction des stations radar  du Moulin de la Garde à la Jonchère dont on entend les explosions de La Tranche (ici station radar de Fontaine).

 

 

Anciennes villas du bord de mer détruites par les Allemands pour laisser le champ libre au tirs du blockhaus Millet.

 

 


08/05/2019
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Articles du journal "L'Empire" en avril 1807

 

Pour faire suite à la bataile de la Seine de 1798, les incursions anglaises sur notre sol semblaient ne pas être rares :

 

Deux articles parus en avril 1807 dans le journal « L’Empire »

 

  • « Le 9 de ce mois, à trois heures de l'après-midi, sept péniches portant environ 200 hommes, détachées de la flotte anglaise qui mouille dans le Pertuis Breton, sont venues pour descendre à la vigie, située près le bourg de la Tranche, côte de la Vendée, en face de l'île de Ré. Les Anglais étaient sur le point de souiller le sol français, lorsque M. le général de division Travot, commandant le camp volant de Napoléon [La Roche / Yon], et M. Béchaud, major du 66e régiment, commandant le 1er arrondissement dudit camp, faisant leur tournée sur la côte, arrivèrent au même point ; un peloton de 30 hommes du 66e et quelques canonniers gardes-côtes y accoururent aussi de la Tranche. L'ennemi manœuvra à portée de pistolet de la côte, tira à cette distancé plus de 50 coups de mitraille sur la troupe ; mais il fut tellement comprimé par la ferme contenance de ces militaires encouragés par la présence de leurs chefs, qu'il n'osa effectuer son débarquement. M. le général Travot resta à cheval, au milieu de la mitraille, pendant trois quarts d'heure, défiant vocalement avec sa bravoure ordinaire les Anglais de mettre pied à terre ; ils crurent prudent de répondre à ce défi, en couvrant de mitraille le sable sur lequel était placé le général. II est à présumer que les Anglais renouvelleront souvent leurs attaques pour essayer de brûler les vigies, détruire quelques batteries ou enlever des bestiaux ; mais les dispositions sont prises pour les recevoir de manière à ce qu’ils s’en repentent toujours ».

 

  • « On vient de publier l'extrait suivant de l'ordre général de la 12e division militaire en date du 11 avril : « Le général commandant la division et le camp volant, a été extrêmement satisfait de la conduite qu'a tenue le détachement du 66e régiment d'infanterie et de la 61e compagnie de gardes-côtes du cantonnement de la Tranche, lorsque sept péniches anglaises, ayant environ 200 hommes à bord, se sont présentées le 9 de ce mois, à trois heures après midi, devant la vigie du Rocher, pour y opérer un débarquement. Ce faible détachement, exposé pendant trois quarts d'heure à la fusillade et à la mitraille, en a tellement imposé par sa bonne contenance et sa fermeté, que l'ennemi s'est retiré, sans avoir effectué son projet. Les habitants de la commune de la Tranche ont aussi, à cette occasion, donné des preuves du plus grand dévouement ».

Et aussi :

 

1806. Descente des anglais à la Pointe d’Arçais.

 

Je vous préviens, par une ordonnance, que l'ennemi vient de se présenter de nouveau à la pointe de Larçay et celle de l'Aiguillon où ils ont effectué un débarquement d'environ 300 hommes.

Comme vous verrez par le rapport ci-joint ont pris le fort de la Pointe et brûlé la vigie.

Toutes nos troupes garde nationales y sont portées et gendarmerie de Luçon et Moreilles vont arriver en l'instant à ce que m'a rapporté mon ordonnance ;

Ref : Le maire de la commune de Saint-Michel, à Monsieur le sous-préfet de l'arrondissement de Fontenay

 

1806. 28 Avril

Les Anglais tentèrent encore vainement de descendre sur les côtes de la Tranche et l'Aiguillon. Ils tentèrent aussi, mais sans plus de succès, de bruler la vigne de la Faute,sauvés par les préposés.Ils se contentèrent de piller la maison d'un nommé Chauveau et d'emporter de chez lui tout ce qu'ils purent trouver de comestibles.

Ref:Louis Brochet. La Vendée à travers les âges.

 

 


21/04/2019
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Le combat de la Seine rapporté par les Anglais

Le combat de La Seine rapporté par les Anglais

 

Rapport de l’amiral Bridport sur la prise de la frégate La Seine :

 

A bord du Jason, au Perthuis Breton, le 14 messidor

 

Primidi (1 )dernier, à 7h du matin, la division de sa Majesté à mes ordres, composée du Jason, de la pique et de la Mermaid, donna chasse à une frégate française à hauteur de Saintes. A 11 heures de nuit, La Pique engagea l’action et continua un feu de chasse, jusqu’à ce que le Jason se mit entre les deux. Dans ce moment nous vîmes la terre près de la pointe de La Tranche tout contre notre bossoir de basbord, et avant que notre frégate pût répondre au gouvernail, elle échoua près de l’ennemi que nous aperçùmes sur le champ avoir échoué aussi. Très malheureusement, la marée haussant, nous ne penchions qu’en avant, et par conséquent nous étions abattus, notre poupe près de la batterie de l’ennemi qui, quoiqu’il fût dématé ne manque pas de tirer avantage de cette position ; mais nous entretinmes un feu bien dirigé de quelques canons de l’arrière, et à deux heures et demie il amena.

 

Notre adversaire s’appelle La Seine commandée par le capitaine Brejot (2) de 42 canons de 28 et de 9, et 610 hommes, compris les troupes. Elle était partie de l’île de France,  il y a trois mois, et alloit à l’Orient. Vers le commencement du combat j’eus le malheur d’être blessé et obligé de quitter le pont ; mais je fus consolé de cet accident par la réflexion que le service ne souffriroit pas de mon absence, car personne ne pouvoit me remplacer avec plus de gloire pour lui-même et plus d’avantage pour l’état, que mon premier lieutenant M. Ch. Inglis.

 

Je passe maintenant à la partie pénible de ma narration à laquelle je suis obligé de donner plus d’étendue que je n’eusse fait sans les circonstances particulières du combat. C’est la perte de la Pique, dont les officiers et les équipages méritoient un meilleur sort. Le capitaine Milne l’avoit conduite au combat comme un brave marin, mais il eût le malheur d’avoir le grand mât de hune emporté, ce qui le fit rester en arrière. L’ardeur  de renouveller le combat l’emportant, il n’entendit pas que je le hélois de jeter l’ancre et son bâtiment échoua sur notre côté au large, assez près de l’ennemi pour recevoir son boulet au-dessus de nous, quoique mal situé pour riposter. Le matin on ne négligea aucun effort pour dégager les vaisseaux ; mais le Jason réussit seul. Voyant que la Pique étoit brisée, j’ordonnai au capitaine de la détruire, et d’employer toute son activité et son talent à sauver la prise, qu’après beaucoup de difficulté il mit à flot hier soir en jetant ses canons , etc, à la mer.

 

La carnage à bord de la Seine a été très grand ; elle a eu environ 170 hommes tués et environ 100 blessés, dont plusieurs mortellement. Je joins la liste de notre perte sur le Jason. C’est avec douleur que je compte au nombre de tués M.Rd Robotier, mon second lieutenant qui mourut glorieusement en combattant. Les agrès de la Pique étoient prodigieusement délabrés, et le Jason n’a pas un mât et une vergue qui ne soient endommagés, pas un hauban ou un câble qui ne soient coupés et toutes ses voiles sont en pièces. Si notre frégate avoit pu rester dans sa première position, et si notre compagne eût pu prendre la situation qu’elle vouloit, l’affaire eût fini plutôt, et les hauts n’eussent pas tant souffert. Il est injuste d’observer que pendant notre longue chasse, la Mermaid fit tous ses efforts pour approcher l’ennemi, et j’ai beaucoup d’obligation au capitaine Newman pour avoir relevé ce vaisseau. Dàs que nous fûmes à flot, la division du capitaine Stopford parut au large, et lui ayant fait signal, elle nous a rendu des services infinis.

 

signé Stirling

 

(1) primidi : premier jour de la décade républicaine

(2) Capitaine Bigot sans doute (problème de traduction ?)

 

 

Gravure anglaise commémorant la bataille de La Seine.

 

Ce point de vue de l' "ennemi" est très intéressant.

 


27/04/2019
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La Bataille de la Seine (suite) vue de l'Île de Ré

Rapport du du 13 juin du sous-commissaire Lacroix de l'Île de Ré à l'Ordonnateur de la Marine à Rochefort, son chef direct :

  • L'inquiétude est grande car on a entendu pendant la nuit du 29 au 30 juin une violente canonnade. Dès 7 heures du matin, Lacroix en avertit l'Ordonnateur : J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'une vive canonnade a eu lieu cette nuit depuis 9 heures du soir jusque vers les 3 heures du matin ... Le feu a été si vif que l'on a entendu la fusillade rouler pendant quelques temps avec beaucoup d'activité.
  • Le lendemain, ayant pu avoir des informations plus complètes, il les transmet à son supérieur : La chaloupe que j'ai envoyée hier soir dans la rivière de Moric  arrive en ce moment et le jeune homme que j'avais envoyé pour s'informer à la Tranche a vu le commissaire des Sables (d'Olonne) et le général Travot qui étoient rendus à la Tranche. Il m'a rapporté une lettre du citoyen Joannin qui me demande des barques et des vivres afin d'enlever les marins et les blessés ; et ce citoyen m'a rapporté que le combat qui avait eu lieu s'était passé entre la frégate française la Seine et trois frégates anglaises. La frégate la Seine était partie de l'Inde avec un riche chargement. Elle a été poursuivie à Belle-Isle par trois frégates qu'elle a forcé à l'abandonner. Elle a ensuite été remontée sous l'isle Dieu par deux frégates anglaises qu'elle a forcé d'amener à l'entrée du Pertuis, mais une troisième l'ayant atteint et les deux autres ayant rehissé pavillon, elles ont regagné le combat et la Seine s'est vite obligée de faire côte en forçant la frégate anglaise la Pique de s'y jeter aussi. Cette dernière est entièrement perdue. Le capitaine Bigot, commandant la Seine ayant perdu beaucoup de monde et ayant près de 250 blessés a été forcé d'amener et a été fait prisonnier et conduit à bord des Anglais. Elles ont sauvé l'équipage de la Pique et emporté du bord de la Seine dont elles s'approchent à la pleine mer tous les objets qu'elles ont pu en tirer et, lorsque la marée est basse, le citoyen Joannin en  fait tirer ce qu'il peut. Je vais faire retourner la chaloupe avec 800 livres de pain et une barrique de vin, et quatre traversiers pour emmener ici tous les marins blessés ou autres. J'ai fait faire à l'hôpital des dispositions nécessaires pour recevoir les blessés. Il y a en ce moment sur rade 12 bâtiments de la République.

Le 1" juillet arrivaient à Saint-Martin deux embarcations chargées de blessés. Toute la garnison, les marins et les habitants se sont empressés de les porter à l'hôpital.

Les Anglais sont toujours à la Tranche. Ils ont relevé hier à la marée la frégate la Seine ; elle est à la toue (à la remorque) du vaisseau rasé.

Le 4 juillet, plusieurs barques étaient arrivées, chargées de troupe, de marins et de blessés ... Je leur ai fait délivrer des vivres en  les logeant chez les habitants. Il y avait à bord des passagers faisant partie des 107e et 108e régiments et de la 8e compagnie d'artillerie. Il est rentré à l'hôpital 90 blessés, deux d'entre eux sont morts.

 

Il est entré hier un parlementaire qui venait du bord de la division anglaise réclamer ses blessés et il m'en a remis deux (des nôtres). Le patron m'a rapporté que le commodore anglais était blessé au bras gauche. (Il s'agit vraisemblablement du commodore Stirling)

 

Dans la nuit dit 14 au 15, les Anglais ont mis le feu à bord de la frégate la Pique. Il s'est éteint, ils l'ont remis le 15 au soir ... La frégate la Seine paraît remâtée.

Le 6 juillet, les Anglais appareillent emmenant avec eux la frégate la Seine.

 

 


13/04/2019
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Le combat du navire "La Seine"

Le combat du navire « La Seine » les 29 et 30 juin 1798 (11 et 12 messidor an VI)

 

Ce vaisseau fût armé en flûte (1) en vue de la Campagne dite : Station Ile de France. 250 passagers et 450 hommes du régiment de Pondichéry.

La frégate "La Seine" avait été envoyée dans la mer des Indes en 1796. Le 6 avril 1798, le commandement en était confié au lieutenant de vaisseau Julien BIGOT avec l'ordre de rapatrier en France 400 personnes. L'équipage de "La Seine" fut donc réduit à 200 marins (au lieu de 300 en temps normal) ce qui donnait 610 hommes à bord. La frégate fit une heureuse traversée après avoir passé  par l’ « Ile de France » actuelle île Maurice. Après 84 jours de voyage, à l'aube du 29 juin, les vigies crièrent "terre" mais hélas presqu'aussitôt "voiles à l'horizon". Plusieurs bâtiments anglais coupaient la route de "la Seine" à Belle île et la forcent vers l’île d’Yeu puis dans le Pertuis breton à la pointe du Grouin du cou à la Tranche sur mer.

Le combat était inévitable et inégal, il fut extrêmement violent.

Le 11 messidor durant toute la nuit (11-12 Messidor An VI) un combat acharné oppose la SEINE à une division anglaise (Commodore Stirling) composée de trois frégates (JASON, PIQUE et MERMAID) d'un cotre, d'un lougre et d'une corvette La Babet, à la Pointe du Grouin où les 4 frégates s’échouent, la mer étant basse, tout en continuant de se mitrailler.

Une autre division anglaise (Commodore Durham) venant de l'île d'Yeu composée d'un vaisseau rasé (le Anson) (2) et de trois frégates (Son Fiorenzo, Triton et Phaëton)  se mit à canonner la Seine mais de loin craignant de s'échouer aussi.

 

Son équipage décimé, la SEINE doit amener son pavillon, après avoir coulé le HMS PIQUE et endommagé gravement le JASON. La MERMAID entra alors dans le combat mais s'échoua aussi. 

La SEINE était alors démâtée de tous ses mâts, sans gouvernail, ses poudres noyées avec neuf pieds d'eau dans la  cale, toute sa batterie démontée excepté 2 pièces de 18 et une de 8, plus de 400 hommes tués ou hors de combat.

Cette belle frégate qui la veille encore, présentait l'aspect le plus animé et portait avec orgueil les couleurs françaises, n'offrait plus alors aux yeux de ceux qui l'avaient si bravement défendue, que l'image de la destruction : criblée de toutes parts de boulets et de mitraille, son pont teint de sang et jonché de débris humains, des fragments de mâture et de gréement recouvrant en partie des têtes, des bras, des jambes et des troncs d'hommes ; toutes les embarcations étaient en pièces.

 

Quant au capitaine BIGOT, blessé, ses vêtements et son chapeau criblés de balles et de mitraille, se voyant submergé par le nombre d'ennemis et jugeant que toute résistance était désormais inutile et impossible avec un navire échoué et dans un tel état, ne pouvant rien faire pour sauver à terre le reste de son équipage (toutes les embarcations de "La Seine" avaient été pulvérisées par la mitraille) dût se résoudre, la mort dans l'âme, à amener son pavillon et à cesser le combat, vers 3 heures du matin, après 10 heures de lutte effroyable.

 

La MERMAID réussit à se dégager seule mais c'est avec beaucoup de difficultés que Le JASON et La SEINE ont pu être renflouées.

Les Anglais reviennent à deux fois pour brûler les restes de La PIQUE. La SEINE très endommagée fut remise à flot en jetant tous ses canons à la mer, puis ils l'emmènent à la remorque jusqu’à Portsmouth. 

Au bruit du combat, le général Travot se rend en personne à La Tranche.

 

Quelques années plus tard, une forte tempête drossa à la côte une partie de la coque de la Pique avec plusieurs canons. La quille et les autres canons doivent toujours être au fond.

 

Devenue HMS SEINE, elle subit un carénage à Chatham Dockyard dans le Kent (GB) entre Juin et Juillet 1803; ses plans furent copiés. Peu après son retour en service elle s'échoua sur un banc de sable au nord de Terschelling (île néerlandaise) , le 21 Juillet 1803. Les pilotes avaient assuré le capitaine Milne que sa position était sûre. Quarante minutes plus tard, elle talonnait le banc de sable. L'équipage a travaillé jusqu'au petit matin, avec l'aide de deux navires marchands pour la déséchouer, mais en vain. A 11h30 l'équipage abandonne la frégate et mettent le feu. Une cour martiale réunie le 4 août 1803, a honorablement acquitté le capitaine Milne, ses officiers et l'équipage de la perte du navire. Toutefois, elle a constaté la culpabilité des pilotes et les a condamnés à être privés de tous salaires pendant deux ans et emprisonné pour deux ans.

 

Julien Gabriel BIGOT de la Robillardière, le commandant héroïque de "La Seine" est né le 4 avril 1761 à Villaines-la-Juhel (Mayenne) et décédé le 15 mars 1817 à Brest.

 

 

Blessé en plusieurs endroits et la jambe fracassée (il restera handicapé toute sa vie) il fut emmené en captivité en Angleterre et soigné par un chirurgien anglais. Il est emprisonné pendant trois mois à bord du ponton "Le Prothée".

Bientôt libéré, "en égard au courage malheureux", le capitaine Bigot, qui commandait " La Seine" est accueilli triomphalement en France. Le Directoire le cite à l’ordre de la Nation et lui offre des armes d’honneur (*), après qu’un Conseil de Guerre l’ait blanchi de toute responsabilité dans la perte de son navire.

(*) Ces armes d'honneur étaient constituées d'un sabre avec son fourreau, d'un fusil et d'une paire de pistolets (volés par les Allemands)

 

A l’occasion du bicentenaire de cette bataille, la commune de La Tranche a honoré le capitaine Bigot en lui donnant le nom d’une place près de pavillon de l’Aunis ainsi qu’une stèle à la mémoire de ce combat près du phare du Grouin du cou (Place du 12 messidor An VI).

 

 

 

(1) Le terme flûte désigne un navire de guerre  armé spécialement pour le transport de troupes  de 600 à 1500 tonneaux ou pour la logistique (bâtiment-magasin ou hopitaux)

Ce terme sera remplacé par « Corvette de charge » au 19è siècle.

 

2)  Vaisseau Rasé ou Cut down ship  est un vaisseau à deux ponts dont on a coupé ou rasé la batterie supérieure, il n’a donc plus qu’une batterie couverte, il est donc moins lourd dans les hauts, et il acquiert des qualités nautiques dont il était dépourvu.

 

L'ancre de la Pique, patrimoine communal :

 

Sur le site même de la bataille, un groupe de plongeurs locaux s'est passionné pour la frégate. En mai 2009, une expédition a permis de récupérer un véritable trésor d'archéologie maritime. À l'aide de six parachutes de levage, d'une capacité de cinq tonnes, gonflés à l'aide de bouteilles de plongée, une ancre, vraisemblablement celle de la Pique, a été ramenée au jour. Elle trône désormais à l'entrée de la zone du Maupas, à La Tranche-sur-Mer.

 

 

 

 


07/04/2019
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Les fromages vendéens

LES FROMAGES DE VENDÉE

 

Les fromages de Vendée séduisent un bon nombre de palais. Qu’ils soient en bûche, en brique, en tomme, en cœur, en triangle ou en pyramide, voici un inventaire des plus connus.

 


 

Fromages au lait de vache

 

L’halbran :

C'est un des plus anciens fromages de Vendée. Son nom vient de celui d'un jeune canard qui ne sait pas encore voler. C'est un fromage au lait de vache à pâte souple et fine dont la croûte grisée a un aspect cendré obtenu grâce aux frottements des fécules de pommes de terre qui permet une bonne conservation. C’est un fromage plutôt doux et qui peut se cuisiner. 

(Ce dernier part en Auvergne pour y être affiné, ça donne un fromage plus typé)

Tout comme la mizotte, sa fabrication à Saint Michel en l'Herm a été arrêtée en 2016.

 

 

 

 

La mizotte :

C’était un des fromages de Vendée le plus vendu. Son nom vient d'une herbe de pré-salé : la mizotte (glycérie maritime) plante haliophile qui pousse dans les marais inondés par la mer. La mizotte est fabriquée à partir de lait de vache, affinée au mareuil blanc ce qui procure à ce fromage une croûte orangée caractéristique. C'est un fromage à pâte molle et croûte lavée et au goût fruité qui a beaucoup de caractère. On le consomme aussi bien chaud que froid et peut même se manger en raclette à condition d'aérer!!! (Appelée aussi le fromage qui pue !)

Originaire de Saint Michel en l’Herm, sa production s’est arrêtée en 2016 en Vendée. Sa fabrication a été reprise par SAVENCIA  en Dordogne mais son goût n'a plus rien à voir avec l'original.

Il est appelé aussi « Fleur d’Aunis »

 

   

 

 

La tome crayeuse :

Fabriquée elle aussi dans le sud de la Vendée, elle est à base de lait de vache. Son goût fruité et son originalité tient du fait qu'elle fait un long voyage pour être affinée puisqu'elle se repose en Haute Savoie avant de revenir sur les étals vendéens pour être dégustée !

 

Le Vendéen bichonné

Fromage à pâte pressée non cuite, il est affiné une centaine de jours en cave. Ce séjour lui confère une belle pâte ferme. Sa saveur assez douce au départ est désormais intense, surprenante, due aux bienfaits de l'affinage.

 

 

La Tomme des Chouans

Cette tomme est produite à la limite du marais Poitevin. Elle se présente sous la forme d`une meule à croûte striée. Elle est affinée pendant 2 mois. Sa pâte est souple et moelleuse. C’est l’un des rares fromages Vendéen au lait de vache, dans cette région, davantage connue pour ses fromages au lait de chèvre. La Tomme des Chouans est un fromage léger à déguster dans les premiers jours, pour profiter pleinement de son goût délicat. 

  

 

Le Petit maraîchin au lait entier

 

 

Le Vacher vendéen

Fromage de vache vendéen au lait cru, le vacher à une croûte naturelle, sa pâte souple de couleur ivoire est un délice sur un pain rustique à la croûte farinée et croquante. Il est quelquefois recouvert d’herbes et de piment d’Espelette.

 

 

Le Fromage des embruns aux algues :

La croûte de ce fromage au lait de vache, lisse et humide, dégage une odeur prononcée alors que la pâte offre un arôme plus doux rappelant le lait chaud. Sa texture est très souple et moelleuse, et son goût est assez typé par rapport aux autres fromages de la région. De plus, les notes iodées propres aux algues lui apportent une saveur énergique.

 

 

Le Cœur vendéen au muscadet

 

 

La Tomme de Vendée au muscadet

 

 

Le Creux de Beaufou :

Dans le petit bourg de Beaufou, canton de Belleville-sur-Vie (Vendée), il existe un fromage artisanal au lait de vache cru. Il est à pâte molle légèrement pressée. Ce fromage est de forme circulaire de 10 cm de diamètre et de 2,5 cm d'épaisseur. Il pèse environ 250 g. Il est également mentionné comme pouvant peser 500 g. La pâte est onctueuse et sa saveur agréable.

 

Le ricochet :

au lait de vache pasteurisé, ferments lactique, sel, présure, colorfix (caramel, sulfité; lysosyme oeuf)

 

 

Fromages mixtes chèvre et vache :

 

Le Maillezais

Le Maillezais est un fromage issu de lait de chèvre et de vache pasteurisés. Il est moulé et égoutté dans des moule de 11cm de diamètre. L'ensemencement de surface lui apporte une teinte fleurie blanche.Fabriqué au coeur du marais Poitevin au Sud de la Vendée, à Maillezais. La coopérative agricole est installée au coeur du marais Poitevin depuis 1891.

 

 

Le sauvageon

 

Le Chaubier

C’est un fromage à croûte lavée à base de lait de chèvre et de lait de vache. La production de ce  fromage a été arrêtée en 2012.

 

 

Et aussi tous les fromages de chèvre !

 

Le Trois Cornes :

Également appelé Tricorne, Sableau, Trébèche, Fougnée, c’est un fromage de chèvre du Poitou à pâte fraîche et sans croûte il est consommé frais, souvent non salé, en dessert. Comme son nom laisse à le penser, le Trois Cornes est d'aspect triangulaire, de 10 à 12 cm de côté, de 2 à 3 cm d'épaisseur pour un poids de 200 à 300 g. Il s'agit généralement d'un fromage frais ne subissant pas d'affinage, ou alors très court. A la dégustation, le Trois Cornes de Vendée a un  goût frais avec une douce saveur lactique de chèvre qui emplit la bouche.

 

-Le fromage de chèvre frais d’Aizenay

 

 

Le p’tit langonnais :

Fromage frais, nature, à l'échalote, ail et fine herbes, aux noix, à l'ail, aux poivres, demi-sec, demi-sec cendré, sec....

 

 

Biquette de Vendée

 

La tomme de Vendée :

Fromage au lait de chèvre cru, à pâte pressée non cuite et à croûte lavée. La pâte et la croûte de ce grand fromage artisanal de la côte Atlantique révèlent que les méthodes de production vendéennes sont bien différentes de celles suivies dans la vallée de la Loire pour la fabrication des divers chèvres AOC. Ici, la salinité est plutôt prononcée et la saveur est en partie due à un affinage soigneux.

 

 

La bûchette de Pont d'Yeu :

C'est un petit fromage de chèvre fermier de Vendée. Sa texture originale est crémeuse et onctueuse. Sa pâte est granuleuse, blanche et cassante si l'affinage est long. Sa croûte est magnifique : cendrée et parsemée de Penicillium. Le Pont d'Yeu est fabriqué sur la charmante Ile d'Yeu, au large de la Vendée, raccordée autrefois à la côte par le pont d'Yeu, selon la légende. Sa forme est tronconique aux deux extrémités concaves. Les embruns qui balayent l'île toute l'année favorisent un type de flore spécifique qui s'adapte à un taux de salinité élevé. On retrouve toutes les saveurs d'iode et du grand large dans le Pont d'Yeu, souvenirs d'un petit air marin. 

 

 

 

Le mothais

 

 

 

 

 

  • Les camemberts fabriqués en Vendée

 

 

Il existe beaucoup d'autres noms de fromages en Vendée. Ils sont très localisés et ce sont souvent des appelations de producteurs.

 

Et bien sûr, tous ces fromages sont à déguster avec les vins de Vendée

 

Voir article sur ce blog  : "Vins des fiefs vendéens"   http://autrefois-la-tranche.blog4ever.com/vins-des-fiefs-vendeens

 

 

Et les fromages de nos voisins :

 

La jonchée charentaise fromage frais sur lit de joncs des marais

 

 

Le curé nantais

 

 

Les fromages de chèvre du Poitou

 

 

Quelques précisions :

 

Lait cru, thermisé, pasteurisé ?..... La différence !

 

De plus en plus on entend parler de fromages au lait cru, au lait pasteurisé mais le néophyte s’y perd et parfois part sur des aprioris ! Tout d’abord donnons la définition des différents traitements :

 

- Lait cru : A sa mise en œuvre, le lait ne subit aucun traitement thermique (chauffage). On conserve intégralement la flore bactérienne du lait (les microbes). Ce sont en principe des laits frais qui sont mis en œuvre au maximum quelques heures après la traite des animaux. C’est généralement le cas des fromages fermiers ou artisanaux qui traitent des laits de « proximité » et dont la qualité initiale est plus facile à gérer par le fabricant du fromage. En conservant cette flore bactérienne naturelle et sauvageon favorise la production de goûts d’odeurs et d’arômes dans les fromages qui sont plus subtils et élaborés ! Il faut cependant dire que cela entraine plus de variations gustatives et qualitatives sur le produit fini !

 

- Lait thermisé : La thermisation est un léger chauffage que subit le lait (de 45 °c pendant 30 minutes à 72°c pendant 1 seconde). Le but est d’aseptiser en partie le lait et donc éventuellement détruire certains germes pathogènes (mauvais microbes) comme la listéria qui pourraient être présents tout en préservant une bonne partie de la flore bactérienne naturelle et initiale de celui – ci ! Ce procédé peut être appliqué par certains artisans et industriels qui utilisent des laits de provenance géographique plus étendue. Il est peu appliqué par les fermiers car cela requiert des équipements spécifiques et souvent onéreux pour des petites structures ! Dans ce cas, l’addition de ferments lactiques sélectionnés pour réactiver l’activité enzymatique sera un peu plus importante que dans les laits crus. Au final les fromages auront un peu moins de variations gustatives et qualitatives mais un peu moins aussi de typicité propre au produit.

 

- Lait pasteurisé : C’est un traitement thermique du lait (63°c pendant 30 minutes ou 72°c pendant 15 secondes) qui a pour but d’éliminer tout germe pathogène (mauvais microbe) présent dans le lait ! C’est en particulier un moyen de protection qu’ont trouvé les industriels pour se préserver des « mauvais laits » qui peuvent être présents dans leur fabrications de grand mélange et de provenance diverse et parfois lointaine ! Dans ce cas la proportion de ferments lactiques à rajouter sera plus importante et nous aurons des fromages plus « standardisés » avec des goûts et des saveurs plus uniformes et moins atypiques ! Ce procédé est rarement utilisé par les fermiers car ils maitrisent mieux leur matière première et le coût d’un tel procédé est trop important !

 

- Lait micro filtré : c’est un traitement particulier uniquement appliqué par les industriels pour des fabrications de masse. La crème qui est séparée du lait est pasteurisée. Le lait écrémé quand à lui passe à travers un système de membranes extrêmement fines qui retiennent les bactéries. Le résultat final sera des fromages très homogènes au niveau goût mais sans grand caractère

 


25/05/2019
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L'échaudé vendéen

L’échaudé vendéen

 

L’Echaudé  date de 1202. C’était au Moyen Age, un pain de luxe qui améliorait l’ordinaire des moines bénédictins les jours de fêtes.

 

Consommé en l’état avec une boisson (café, vin, etc.), il est utilisé, de nos jours, en fond de tarte.

 

En Vendée c’était un gâteau de Pâques ou de foire.

C’est un biscuit pour grande soif fait de farine anisée qui est trempé dans un bain d'eau salée à ébullition puis cuit au four.

Rustique, c'est du biscuit à apéritif qui tient au ventre. A conseiller avec un rosé sec bien frais ou un blanc!

 

Les échaudés datent du Moyen Age, la première référence date de 1202, c'est dire... 

 

Ils sont très faciles à réaliser et quel bonheur que cette délicieuse odeur d'anis dans toute la maison !

Il faut :

500 g de farine T55 (la farine rude, la moins chère, au bas du rayon)

75 g de sucre

2 oeufs

1 cuillérées à soupe d'huile d'arachide

1/2 cuillérées à café de sel

1/4 de sachet de levure chimique

2 cuillérées à soupes d'anis vert en grain

1/2 verre de lait

 

Faire tremper l'anis quelques minutes dans de l'eau tiède et l'égoutter.

Mélanger les ingrédients et rajouter le lait de manière à former une pâte ferme. (Environ 20mn de pétrissage)

Laisser reposer une heure sous un torchon.

La pâte est travaillée sur le plan de travail, on y ajoute le lait peu à peu

Abaisser la pâte à 1 cm.

Découper en triangles

Faire chauffer une grande quantité d'eau dans une marmite.

Echauder dans l'eau bouillante : le triangle remonte à la surface quand il est cuit.

Egoutter sur un torchon

Cuire au four 30mn, sur plaque à 190°c en chaleur tournante.

 

 

 


19/05/2019
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La Gâche de Pâques (recette)

RECETTE TYPIQUE : LA GÂCHE PACAUDE (DE PÂQUES)

 

A l'approche de Pâques, qui ne se souvient pas de la délicieuse gâche de Pâques à l'odeur enivrante et dont on distribuait les morceaux coupés à la grand'messe.

 

On ne doit pas confondre, comme il est fait souvent, la gâche et la brioche vendéenne (beaucoup plus légère et aérée).

 

Ce gâteau en forme de pain était fabriqué pour les fêtes de Pâques et souvent apporté à cuire chez dans le four du boulanger.

 

Voici les clés de sa fabrication, mais chaque pâtissier peut y apporter sa touche personnelle, son ingrédient secret ...

 

Préparation : 40 mn - Repos : 6h. Cuisson : 45 mn.

 

 

Ingrédients :

 

- 550 g de farine

- 1/2 cuillère à soupe de sel fin

- 2 petits œufs 1 pour dorer

- 110 g de sucre en poudre

- 110 g de beurre

- 1 1/2 cuillère à soupe de crème fraîche

- 12,5 cl de lait tiède

- 25 g de levure de boulanger

- 1/2 gousse de vanille

- 1 cuillère à café d'eau de fleur d'oranger

Si vous utilisez une machine à pain, remplacer la levure fraîche par un sachet de levure de boulangerie instantanée.

 

Préparation :

 

Faire bouillir le lait avec la 1/2 gousse de vanille fendue en deux. Laisser tiédir.

Dans une grande terrine, verser la farine tamisée. Faire un puits, ajouter le sel, casser les œufs, ajouter le sucre en poudre et le beurre ramolli détaillé en petits morceaux.

Délayer la levure dans un verre de lait tiède.

Travailler la pâte en ajoutant peu à peu le reste du lait. Pétrir soigneusement et longuement la pâte.

Dans une jatte, verser la levure délayée dans le lait, l'eau de vie, la crème fraîche et l'eau de fleur d'oranger.

Ajouter cette préparation à la pâte et la travailler jusqu'à ce qu'elle soit souple et élastique. Couvrir la terrine avec un linge et faire lever pendant 6 h dans un endroit tiède. Ce temps écoulé, fariner la plaque du four.

Façonner la pâte en forme de miche. Laisser lever encore 1 h.

Préchauffer le four à thermostat 5 (180°C).

Dorer la surface de la gâche avec l'œuf battu. Faire une incision au couteau au milieu de la brioche.

Mettre au four à mi-hauteur et laisser cuire 45 mn.

 

 


21/04/2019
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La légende de La Tranche

La légende de La Tranche par l'Abbé du Bernard Ferdinand Baudry - 1862

 

 

La Tranche n’était primitivement assise que sur l’extrémité de la langue de terre mentionnée à l’article de Longeville, laquelle était baignée par deux mers.

Aujourd’hui, la langue de terre, couverte de sable, se trouve enclavée entre un marais fertile au nord et l’océan qui l’a plus d’une fois submergée au sud. L’emplacement de l’église Saint Nicolas où Savary de Mauléon fit bénir son mariage au commencement du XIIIe  siècle, d’après une charte dont l’original existe aux archives de Napoléon-Vendée, est actuellement à un kilomètre en mer. (1)(2)

 

La Tranche dans ces conditions n’a pu conserver de monuments celtiques ; elle n’a gardé que les traditions qui sont un écho affaibli des croyances païennes.

On y parle d’un célèbre sorcier qui, après avoir cueilli un peu de mousse à minuit, à la porte du cimetière, était emporté comme un éclair à l’île de Ré, monté sur un cheval  blanc (3). Il revenait dans le même équipage et avec une telle rapidité qu’il ne faisait qu’effleurer l’onde amère, et que les arbres du continent s’inclinaient ou se brisaient à l’approche du coursier.

Les sorciers tiennent le sabbat sur les bords de la mer à l’anse dite « Coin du Maupas », et se mettent en communication avec ceux de l’île de Ré. Ils le tiennent aussi à la croisée des « Bourbes » entre le bourg et le village de La Terrière.

Un marchand de lunettes de la Gascogne, passant par là à l’heure de minuit fut témoin de ce spectacle. Blotti dans un bouquet de verdure que l’on montre encore, il fut forcé d’attendre le retour de la lumière pour continuer sa route. Arrivé au chef-lieu, quel ne fut pas son étonnement, lorsqu’il entendit  deux enfants s’écrier à son aspect : « Ah ! Voilà l’homme que nous avons vu cette nuit au sabbat ! »

 

A la Tranche, les enfants sont admis au sabbat ; mais il faut pour cela, qu’à l’heure dite, ils s’écorchent la main avec leurs ongles et qu’ils fassent couler le sang. En d’autres pays, on doit s’oindre avec de la graisse d’enfant. Deux jeunes gens, entraînés par leurs camarades, que le sabbat est une réunion monstrueuse d’hommes et de bêtes qui dansent, qui  folâtrent  et poussent des cris à faire dresser les cheveux sur le tête. L’un d’eux, âgé seulement de quatorze ans, couchant au temps de la moisson dans une grange de la commune du Bernard, avec des glaneuses de La Tranche, avouait un matin, au retour d’un sabbat qui l’avait horriblement fatigué, que le malin esprit l’avait précédé, comme de coutume et,  qu’avant les danses et le repas, tous les initiés lui avaient embrassé le derrière. Tous les livres écrits depuis trois siècles sur le sabbat nous parlent de cet hommage rendu au président qui prend, d’habitude, la forme d’un bouc.

L’origine du sabbat est très ancienne. Les uns la font remonter jusqu’à un certain Sanasius, disciple d’Orphée, qui lui aurait donné son nom. La source de ces orgies, suivant les autres, à pris naissance dans les bacchanales où l’on invoquait Bacchus en criant « Saboé ». Plusieurs prétendent  qu’il tire son nom du sabbat des juifs, et cela avec d’autan plus de raison, qu’il a lieu les nuits qui précèdent le jeudi et le samedi, et que l’on voit plus d’un juif dans l’histoire de la sorcellerie, condamné à être pendu par suite de sabbats nocturnes, où l’on perçait des hosties et où l’on immolait les petits enfants.

 

Un dernier mot sur La Tranche ; il est impossible de calculer le nombre d’êtres, même inanimés, sur lesquels les sorciers ont jeté des sorts. Nous n’en citerons qu’un exemple : le devin, pour guérir une femme malade, avait appliqué sur sa poitrine, un certain nombre de feuilles de sabine (4) avec ordre de les brûler, à onze heures du soir, dans la cheminée avec une branche de sarment ; au moment  où s’accomplissaient cette mystérieuse opération, les portes fermées à double verrou, un cousin, qui passait pour sorcier, apparaît soudain au milieu de l’appartement. Mal accueilli par la pauvre malade, il prend le fusil du mari, sort à la porte, le décharge en plein air, le retourne à sa place et disparait. Le fusil, ensorcelé, n’a jamais pu fonctionner depuis. Il a fallu le briser en morceaux et en vendre les débris. Le maître du fusil, âgé alors qu’il est de 86 ans, disait à son curé en lui racontant cette histoire : « Mon bon Monsieur le Curé, j’aime bien le Bon Dieu, et je dis tous les jours le chapelet pour le salut de mon âme, mais s’il est défendu de croire aux sorciers, je n’irai jamais dans le paradis. »

 

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  • (1) - On raconte, à l’occasion de la submersion de La Tranche, qu’un homme de cette localité ayant refusé de condescendre aux désirs coupables de la dame du château de Moricq, dont il était le tenancier, fut averti en songe la nuit suivante , en récompense de sa vertu, du malheur qui allait fondre sur La Tranche et qu’il n’eut que le temps nécessaire de prévenir son curé et de sauver avec lui le mobilier le plus précieux de l’église.
  • (2) - Cette légende est sans doute à la base de la croyance d’une église sur le rocher de l’Aunis dont aucune preuve n’atteste l’existence.
  • (3) - Cette anecdote n’est pas sans rappeler une autre légende : « Le cheval Malet »
  • (4) - Sabine : génévrier rampant dont on utilisait les feuilles très toxiques dans la pharmacopée ou pour des utilisations moins avouables.

 

NB : la plupart des contes vendéens sont avant tout moralisateurs. Il apparait que, presque toujours, la croyance et la réalité sont deux choses bien différentes.

 

Archives départementales 85  -Abbé du Bernard  Ferdinand Baudry- Antiquités celtiques de la Vendée - 1862

 


31/03/2019
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