Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

Le gemmage des pins maritimes

Le gemmage du pin maritime à La Tranche.

 

La portion de la Forêt de Longeville qui fut utilisée à la Tranche pour le gemmage avant 1950, partait de la lisière de la forêt (située derrière le Moulin Grolleau) et  se prolongeait ensuite vers l’Ouest entre le chemin devenu « Route du Phare », et un autre chemin appelé maintenant « rue des Campeurs ».

 

Au mois de février le résinier écorçait les pins : (Le pelage est une opération délicate car il faut laisser une fine épaisseur d’écorce en évitant de blesser le pin prématurément).

 Ensuite, celui-ci plaçait en dessous un pot en terre cuite, et le maintenait sur l'arbre avec une lamelle en zinc.

 

La résine s’écoulait alors peu à peu dans le pot, un pin produisait par an de 1 litre 5 à 2 litres de résine. Lorsque les pots étaient pleins, la résine était vidée dans des bidons en tôle, puis le contenu des bidons dans des barriques en métal ; ces dernières étaient ensuite expédiées vers une distillerie.

 

La distillation de la résine donnait deux produits : 20% d'essence de térébenthine, solvant utilisé dans les peintures ; 70% de colophane, utilisé dans les colles de papeterie, les savons et les vernis, et pour passer sur les archets des instruments de musique à cordes frottées afin de mieux faire vibrer les cordes.

 

On en tire aussi des huiles essentielles pour parfumer les bonbons par exemple.

Cette résine de conifères, fossilisée en abondance dans la période du carbonifère, donne de l’ambre appelé aussi succin ou carabé.

 

 

En 1939, le dimanche 25 juin, le congrès départemental de l’U.N.C. avait eu lieu à La Tranche-sur-mer.

Le congrès proprement dit s’était déroulé dans la forêt de pins : Discours, remise des décorations et office religieux.

 

 

 

Voici deux des photos prises pendant cette manifestation.

 

 

La partie de la forêt qui avait été utilisée pour ce congrès est ensuite devenue le Camping Municipal après la guerre 39 - 45, et la pratique du gemmage fut abandonnée.

Quand le pelage était bien effectué (pas trop profond), la plaie se refermait après quelques années, sinon la cicatrice restait sur le pin jusqu’à la mort de celui-ci.

  Il est actuellement possible lors des promenades dans la forêt, de constater que certains pins portent encore la trace du gemmage.

 

 

Petite anecdote :

 

Yolande Valeau raconte :

Cette histoire c’est passée pendant la guerre 1939 - 45 à une époque où le gemmage se pratiquait dans la forêt de La Tranche. La résine était récoltée au moyen d’une entaille pratiquée dans l’écorce des pins maritimes, la résine s’écoulait dans le petit pot d’argile placé à la base de l’entaille.

 

 Yolande se promenait en forêt avec un groupe de camarades, quand ceux-ci trouvèrent amusant de casser quelques-uns de ces pots d’argile. Survint le garde forestier Ouvrard qui prit sur le fait les jeunes malfaisants. Ceux-ci s’enfuirent aussitôt et s’évanouirent bien vite dans la nature. Malheureusement pour Yolande le garde l’avait reconnue. Le soir Ouvrard prenait un verre à l’«Hôtel du Centre », et il ne se priva pas de la dénoncer au père de Yolande : Emile Valeau le tenancier du bistro. Pauvre Yolande ! Elle ne s’était pourtant pas livrée à la moindre dégradation, mais elle écopa d’une gifle venue de son paternel.

 

Article de Claude Rousseau.

 

 



11/02/2018
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