Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

Les hermelles

Qui d’entre nous ne s’est pas étonné au cours d’une promenade sur la plage, la mer étant à marée basse, de découvrir, sur l’estran, de nouveaux rochers qui n’étaient pas là auparavant et qui semblent pousser sur les banches.

Ce sont des massifs ou récifs d’hermelles.

Ils sont en fait un agrégat de tubes composés de sable et de débris coquilliers formés par des vers marins tubicoles, les annélides polychètes, sédentaires de la famille des sabéllariidés (Kirtley, 1994), appelés autrefois hermellidés, d’où le nom d’hermelle.

Les colonies sont constituées de tubes jointifs, serrés les uns contre les autres, où chaque tube est habité par un ver.

 

      

 

Si tous construisent des tubes sableux, seuls certains se regroupent d’une façon grégaire pour former des récifs. La densité peut atteindre 15 000 individus par m2. Cet habitant est un organisme qui se nourrit en filtrant l’eau pour capturer le plancton. Chaque individu vit à l’intérieur d’un tube de sable et de fragments coquilliers fortement cimentés et agglomérés par du mucus. Ces tubes peuvent mesurer jusqu’à cinquante centimètres et les vers adultes peuvent mesurer entre 20 et 50 mm de long.

 

 La reproduction a lieu presque toute l’année avec 2 périodes principales de ponte : mars-avril et juin, juillet-août. Les sexes sont séparés. Le mâle a un abdomen blanc et la femelle un abdomen rose-violacé. La femelle pond 300 000 à 600 000 œufs. La fécondation se fait dans l’eau. Le développement des larves nécessite un bon mois. L’implantation des jeunes n’est massive que tous les trois ou quatre ans. Les jeunes annélides s’installent entre ou sur des tubes d’adultes. La vie d’un polychète est de 3 ans pour la moitié de la population. Certains vivront 7 à 8 ans. Le récif n’est pas une structure figée, il évolue en relation étroite avec ses environnements physiques et biologiques, naturels et artificiels.

Ainsi, les récifs d’hermelles représentent de véritables îlots de biodiversité liée à la juxtaposition sur un même espace de toute une faune dépendante de l’existence et du fonctionnement du récif et d’une faune adaptée aux substrats meubles avoisinants.

 

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Les hermelles sont menacés par des facteurs physiques comme l’hydrodynamisme dû aux marées et courants qui recouvrent les récifs sous les sédiments, par le froid qui tue les polychètes, par des facteurs biologiques comme la prédation (crabes) ou encore par la concurrence (moules). Les massifs se brisent aussi sous l’action des vagues lors des tempêtes.

La menace la plus importante est due au piétinement des « pêcheurs à pied », lorsqu’ils partent à la recherche de crabes et ainsi que le frottement des planches à voile ou des surfs.

La pollution et les algues vertes  qui asphyxient les hermelles sont aussi une cause de destruction. Les cultures marines peuvent aussi détruire totalement des constructions d’hermelles pour en occuper la place comme les parcs à huitres.

 

On trouve ces massifs d’hermelles dans les pertuis charentais, la baie de Bourgneuf, Noirmoutier, la baie du Mont St Michel,…

S’il existe des mesures de protection, elles ne peuvent être comprises que si l’on voit l’utilité de ces récifs. D’abord, ils participent aux cycles bio-sédimentaires, ils sont un élément essentiel de la protection de nos rivages contre l’érosion. Enfin, les tubes accolés forment un habitat pour une faune qui va y trouver abri et nourriture comme les crabes, crevettes et poissons.

 

         

Hermelles des Génerelles à La Tranche

 



20/11/2017
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