Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

Le fonctionnement de la coopérative des oignons à fleurs et son déclin

Les tâches et manipulations à la Coopérative

 

Le triage des bulbes se faisait à la main, chacun chez soi, avec une calibreuse, une sorte de crible ou tamis avec des trous de dimensions différentes. Outre les diverses variétés de bulbes, le tri se faisait sur 3 calibres. Le calibre 12 de circonférence était le plus recherché. Les bulbes étaient comptés par caisse de 200.

Au début des années 70, la coopérative fit l'acquisition d'une calibreuse électrique d'occasion achetée en Hollande.

Chaque producteur pouvait l'utiliser à tour de rôle à la coopérative, ce qui permit un gain de temps considérable.

Ce même tri était appliqué à la récolte des glaïeuls pour une production de fleurs de juillet à septembre.

 

On peut imaginer qu'avec plus d'une centaine de producteurs et du nombre de variétés de tulipes (forme et couleur) et de bulbes différents, le magasinier avait fort à faire et devait embaucher à certaines périodes jusqu'à une quatre ou cinq saisonnières, principalement à la période des narcisses en février-mars, en été et en début d'automne pour préparer les nombreuses petites commandes des particuliers.

 

Un stand de vente de bulbes au détail existait à l'entrée du parc des Floralies, à la coopérative et un autre sur la place de l'église.

 

 

  

 

Calibreuses à main (le fond troué est interchangeable).    Une pile de clayettes pour le stockage des bulbes.

 

Chaque clayette est marquée du nom du récoltant.

 

 

 

Bulbes iris, tulipe, narcisse et crocus

 

 

Les bulbes devaient être traités  pour éviter les maladies, comme le fusarium banane, champignon parasitaire des tulipes ou autres champignons. Cette opération se faisait dans des grands bacs avec de l’eau et divers produits phytosanitaires comme le panosan, remplacé par le panogène.  A l'époque, ces produits dangereux étaient manipulés sans grandes précautions.

 

  

Au moment de la floraison au printemps, on coupait les fleurs à environ 10 cm de la corolle pour faire grossir les bulbes. Ces fleurs étaient alors jetées sur les talus. Toutes ces fleurs perdues ont donné à certains l'idée de les utiliser pour fleurir les chars de la fête des fleurs.

 

Toutes les tulipes, oignons compris, dont la qualité de pureté pour une variété donnée n’était pas conforme devaient être arrachées. Avant d’apporter leurs bulbes à la coopérative, chaque producteur devait  les «décortiquer », c'est-à-dire décoller la racine et  enlever les « bulbilles ou caïeux »  en prenant soin de ne pas abîmer la peau. Les bulbilles étaient utilisées comme semence.

 

Une fois stockés, certains des bulbes étaient sélectionnés pour le forçage. Ils étaient alors mis dans un incubateur entre 30° et 40°, pendant un mois, afin d’arrêter leur croissance, puis  ils étaient déposés dans les 2 chambres froides dans l'obscurité : l’une, à 5° pour les variétés précoces, l’autre à 9° pour les tardives pour simuler l'arrivée du printemps.

 

En effet, dans les premières années de la culture de la tulipe à La Tranche, les tulipes de forçage gagnaient 3 semaines d’avance sur les tulipes de Hollande.

Elles étaient particulièrement appréciées de la clientèle scandinave pour les fêtes de Noël.

Par la suite, les modalités de culture ayant été modernisées en Hollande par le chauffage des serres avec de l'eau chaude chauffée au gaz, combustible bon marché dans ce pays, la clientèle hollandaise a été perdue.

 

Outre les tulipes, la culture s'est étendue aux jacinthes, aux narcisses, aux muscaris, amaryllis, crocus, anémones, renoncules, iris ...

 

 

Une fois M. Roland Duvet parti(1980), M. René Bessonnet, aidé d’une secrétaire, a assumé  la commercialisation. Si M. Matthijsse a été le 1er client des bulbes de la coopérative, grâce à ses nombreuses relations d’affaires en Hollande, la coopérative expédiait aussi, soit par les Autobus Vendéens, soit par des camions, les tulipes sur les marchés nationaux.

 

 

 

Peu à peu, les activités de la coopérative ont diminué, les producteurs se faisant moins nombreux car certains ont vendu leurs terrains avec le développement touristique de la commune., 

En 1990, M. René  Bessonnet a pris sa retraite, la Coopérative a cessé ses activités et la commune a racheté le bâtiment, occupé depuis par les associations tranchaises.

 

  

Articles de journaux 1992

 

 

 

 

Suite à une mésentente avec les producteurs, M. Matthijsse a quitté La Tranche pour Saint Cyr en Talmondais pour fonder le parc floral de la Court d'Aron vers 1976 et dont il est devenu gérant en 1994.

Né le 9 mars 1926 à Zwolle en Hollande, il est décédé le 15/11/2012 à St Cyr en Talmondais . Il a été incinéré le 17/11 et ses cendres transfées aux ïles du Cap Vert selon ses volontés. Il y passait une partie de ses hivers suite à des problèmes de santé et où il s'est impliqué bénévolement dans la vie locale.

 

Texte Claude Rousseau et Laurence Ferré , rédacteur JP Bouchet

 



07/07/2019
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