Autrefois la Tranche

Autrefois la Tranche

La petite Jhanéte

La petite Jhanéte

 

O senbllét a Jhanéte qu’al étét bé souent toute seùle é prtant al avét deùs seùrs.

 Al avét atou sa mére é sun pére. Mé sun pére s’oçhupét rén de sés draulàesses é la mére aemét meù lés deùs grandes. Aléz dun savàe prdéque !

Jhanéte se nalét bé ac sés deùs seùrs mé a se tenét a dispart pasque l’ine oubé l’àutre li fasét daus bisqueries é se moquét de lai :

al étét pa béle, al étét soullun, a marchét en boetousant…

In jhour qu’al étiant parties çheùlli daus poumes que la mére avét demandai, lés deùs grandes dessiriant a Jhanéte que la mére aemét meù çhés-la çh’étiant vértes.

Jhanéte çheùllit que daus vértes. La mére se métit a grmelàe qu’al étét boune a rén é qu’al arét pa de robe pr alàe a la grande fàete dau chatea voure qu’al étiant trtoutes énvitàies. Jhanéte brallit quant a veyit sés seùrs parti é pr amauduràe sa paene a se nalit se prmenàe, sen savàe voure qu’al alét au jhuste.

Apràe in moument, devant in masuràu, a veyit ine viélle fame çhi li fasit signe de veni é a li demandit de faere chaufàe sa soupe. Jhanéte o fasit, abituàie qu’al étét a obéyi a sés seùrs é a sa mére. Pi la viélle li demandit de nouétàe sun soulàe…

Jhanéte o fasit de bun grai. Pi la fame li demandit de coéfàe sés luns piàus tout enbrlificotais… Jhanéte sen se rebicàe entrprenit avéc pacience le démaelàjhe çhés envrllounis de piàus bllancs.

 La fame pendant çhau tenp la quésciounét : voure qu’al alét, ce qu’a fasét defore toute seùle a çhéte eùre. Jhanéte ésplliquit qu’al avét pa de robe queme sés seùrs pr alàe au bal.

Au fur é a mesure qu’a causét, a veyit lés piàus se ghillàe lés ins entr lés àutres, s’entrcroesàe den sés méns pr fini en in tessu de soe de la couleùr dau miàu.

 La fame coudit ine robe de çhéle fine éstofe queme in rai de soulall. Jhanéte enfilit çhéte tenue su lai.

Pr fini, la fame trouvit i sé poet voure ine couroune de flleùrs çhi fllériant a bun, é a li métit su la tàete.

 Jhanéte uvrit la porte é a trouvit in chevàu çhi l’atenét é çhi l’enportit au galop tout drét au bal dau chatea.

A parti dau moument que Jhanéte rentrit, le prénce veyit pu que lai. Le dancit avéc la béle tout le réchtant dau bal. É avant méneùt, dés çhau sàe, le fasit sa demande en mariajhe. Deùs jhours apràe, o fasit ine béle noce, i vous o di.  I o sé peùsqu’i y étàe, é ol étét lés sourits çhi musiquiant :

ti ti ti, ti ti ti, ti ti ti ti ti, ti ti ti…. (àer de noce)

 

Il semblait à Jeannette qu’elle était bien souvent toute seule et pourtant elle avait deux sœurs.

Elle avait aussi sa mère et son père. Mais son père ne s’occupait pas de ses filles et la mère aimait mieux les deux grandes. Allez donc savoir pourquoi !

Jeannette s’entendait bien avec ses deux sœurs mais elle se tenait à distance parce que l’une ou bien l’autre la faisait bisquer et se moquait d’elle :

Elle est pas belle, elle était mal habillée, elle marche en boitillant...

Un jour qu’elles étaient parties cueillir des pommes que la mère leur avait demandées, les deux grandes dirent à Jeannette  que la mère aimait mieux celles qui étaient vertes. Jeannette ne cueillit donc que des vertes. Le mère se mit à la gronder, qu’elle n’était bonne à rien, qu’elle n’aurait pas de robe pour aller à la grande fête du château là où elles étaient toutes invitées.

Jeannette pleura quand elle vit ses sœurs partir et pour  atténuer sa peine s’en alla se promener sans savoir où elle allait au juste. Au bout d’un moment, devant une masure, elle vit une vieille femme qui lui faisait signe de venir et elle lui demanda de faire chauffer sa soupe. Jeannette le fit, habituée qu’elle était à obéir à ses sœurs et à sa mère. Puis la vieille lui demanda de lacer son soulier...

Jeannette  le fit de bon gré. Puis elle lui demanda de coiffer ses longs cheveux tout emmêlés.  Jeannette sans se rebeller entreprit avec patience le démêlage de ces cheveux blancs tout entortillés.

La femme pendant ce temps la questionnait : où est-ce qu’elle allait, ce qu’elle faisait dehors toute seule à cette heure là.

Jeannette lui expliqua qu’elle n’avait pas de robe comme ses sœurs pour aller au bal. Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle vit les cheveux se glisser les uns entre les autres, s’entrecroiser dans ses mains pour finir en un tissu de soie couleur de miel. La femme cousit une robe de cette fine étoffe comme un rayon de soleil. Jeannette enfila cette tenue sur elle. Pour finir, la femme trouva, je ne sais pas d’où une couronne de fleurs qui sentait bon et elle lui mit sur la tête. Jeannette ouvrit la porte et elle trouva un cheval qui l’attendait et qui l’emporta au galop tout droit au bal du château.

A partir du moment  que jeannette entra, le prince ne vit plus qu’elle. Il dansa avec la belle tout le restant du bal. Et avant minuit dès le soir, lui fit sa demande en mariage. Deux jours après, ça faisait une belle noce, je vous le dis. Je ne sais plus qui y était et c’était les souris qui jouaient de la musique : Ti ti ti, ti ti ti ti ti ti,... (air de noce)

 

Il fallait retrouver la source des sentiments et des passions qui animent  les personnages de Madame de Lafayette" | Zéro de conduite

 

 

Contes et récits du pays mellois de Maryvonne Barillot (Geste éditions 2007)

Traduction : Jean-Pierre Bouchet

ALT 5-2021



15/05/2021
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